Lettre du 8 août, ibid., V
LE MAXIMUM. COIJSTARD. LA COMPAGNIE MAIIAT 71
d'un bataillon do Maino-ot-Loiro, otant en reconnaissance sur la route des Sables, auprès de Villeneuve, avait caus(^ avec quelques individus du parti des rebelles, qui lui avaient dit savoir, de bonne source, qu'il y avait un représentant qui trahissait, et que ce représentant était Coustard. Phelippes, comme président du Tribunal criminel, s'était contenté de recevoir la déposition de Paulé, et avait marqué, sur son registre, son refus de faire arrêter Coustard par ce motif qu'il n'était pas déchu de sa qualité de représentant. ((Considérant, ajoutait-il, qu'un décret d'accusation n'est pas une conviction, il y avait lieu seulement de renvoyer aux représentants en mission h Nantes la dénonciation des officiers municipaux^ » Gillet et Philippeaux avaient, en termes peu favorables, signalé et transmis le procès-verbal au Comité de Salut public, en faisant remarquer toutefois que la Convention seule pouvait autoriser les poursuites -.
Quand parvint à Nantes le décret du 3 octobre, qui ordonnait le renvoi, devant le Tribunal révolutionnaire, de Coustard et des autres députés girondins, ses nombreux amis s'émurent. Ils se cotisèrent pour lui procurer les ressources dont ilavaitbesoin, et ils préparèrent son embarquement secret sur un navire américain en partance dans le port. Malheureusement, quoiqu'il fût père de famille et qu'il approchât de la soixantaine, il avait conservé, de sa vie de créole, le goût des amours faciles. La punition des hommes qui ont trop aimé les femmes, dit Joubert, est de continuer de les aimer jusqu'à
1. Registre du Tribunal criminel de Nantes. 23 septembre 1793.