‹ J.-B. CarrierChapitre 38 sur 207 · Lettre du 24 septembre 1793(Aulard, Recueil, VII · texte numérisé non relu

Lettre du 24 septembre 1793(Aulard, Recueil, VII

rextrômo vieillesse; or Goustard était fort épris, à ce moment, d'une jolie blonde, qui vendait du tabac dans un masrasin situé sur la Fosse. Plusieurs jours s'écoulèrent avant qu'il l'eût décidée à l'accompagner dans sa fuite ^ Carrier, informé de ces circonstances, n'avaitgarde de négliger, en le faisant arrêter, l'occasion de se venger, sur lui, de son insuccès dans la recherche de ses autres collègues fugitifs. J'ai rencontré, par hasard, une lettre ainsi conçue datée de Nantes, le 29 octobre 1793: « Goustard a été arrêté hier, à son domicile. Il a dit que, depuis longtemps, il s'attendait à ce qu'on vint le chercher; que, s'il était coupable, il fallait le guillotiner, mais que sa conscience ne lui reprochait rien. Il est parti de suite pour Paris. Les membres du Gomité révolutionnaire augurent bien de lui et disent qu'il s'en tirera. Tant mieux pour lui -. » Garrier, qui en savait plus long que les membres du Gomité révolutionnaire, savait bien qu'il l'envoyait à la guillotine. Traduit le 6 novembre, 16 brumaire, devant le Tribunal révolutionnaire, en compagnie de Philippe-Egalité, aucun témoignage ne fut produit contre lui ; il n'en fut pas moins coadamné et exécuté aussitôt^. Quoique la justice révolutionnaire tenditàdevenir de plus en plus expéditive, Garrier tenait en mince estime ce moyen formaliste de se défaire des contrerévolutionnaires, parce qu'il ne les frappait qu'un

1. Notes manuscrites des papiers de M. Dugast-Matifeux (Bibliothèque de Nantes).

2. Lettre du citoyen Sanlec, ou Sauloi, au citoyen Danglade à Painibœuf (Arch. départ.).

3. Wallon, Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris, II, 20 et 482.

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