Moniteur du 10 nivôse an II {Réimpression. XIX
2. Les Crimes des sept membres des anciens Comités, par Laurent Lecointre, p. 164.
LES GllANDl'ÎS EXÉCUTIONS 165
à la lueur des réverbères, le représentant Carrier, revêtu d'une roquelaure (|ui lui a paru brune, et d'un cbapeau l'ond, qui leui' disait : « Dcprchezvous, marcbez en ligne '. »
Le système de (Carrier était de laisser faire ses agents. L'impulsion une fois donnée aux mesures qu'il avait décidées, il ne s'occupait plus de leurs opérations. Le Comité révolutionnaire emprisonnait et rançonnait les habitants ; les tribunaux révolutionnaires jugeaient, condamnaient et même acquittaient les accusés. Deux seules fois, il intervint pour imposer à celui de Phelippes les deux exécutions qui ont été racontées. Il laissait de même, sans s'en occuper, la (commission militaire, présidée elYectivement par Bignon, et nominalement par Goncbon, partager avec Lamberty le soin de faire périr les prisonniers de l'Entrepôt.
Jusqu'au 0 pluviôse (28 janvier), la Commission militaire avait laissé s'écouler plus d'un mois sans jalouser les attributions homicides de Lamberty. Ce jour-là, pour une raison qui m'échappe, elle contesta à l'ami de Carrier le droit d'enlever des prisonniers. Celui-ci, mécontent de voir ses pouvoirs entravés, dénonça la Commission, et Carrier fit venir le président.
Goncbon arriva seul tout effrayé. Le représentant lui dit en le voyant: « Te voilà donc j.. f. . de président qui t'opposes à mes ordres. Eh bien! j. f., juge donc dès que tu veux juger. Si. dans deux heures, tous les prisonniers de l'Entrepôt ne sont pas jugés, je te fais fusiller ^. » Goncbon fut tel-