LES ARMÉES UÉVOUTIONN AIRES 17S
de général en cliof, s'il ne sait lire et écrire ^ » En vain, Barère et Pliilippeaux tonnèrent contre les héros de cinq cents livres ; le premier, astucieusement, le second, avec tant de franchise et de patriotisme qu'on le guillotina pour le faire taire. Leurs témoignages n'en sont pas moins dignes d'ôtre cités.
Gomme on ne pouvait reconnaître publiquement que des soldats républicains étaient lâches, cruels, pillards et indisciplinés, Bare^re osa dire : ((C'est le royalisme qui, dans Paris, a fait lever ces héros de cinq cents livres, qui font la honte de l'armée qu'ils déshonorent par leur inconduite et leur lâcheté. Voici la nomenclature des vices qui régnent dans une partie de cette armée. 11 y a des lâches, des fuyards, de Tindiscipline, du pillage... Notre armée ressemble à celle d'un roi de Perse. Elle a cent soixante voitures de bagages, tandis que les brigands marchent avec leurs armes et un morceau de pain noir dans le sac-. »
Philippeaux écrivaitd'Ancenis, le 31 juillet 1793 : (( Bien n'est comparable aux atrocités commises par les déserteurs de deux bataillons de Paris, après la nouvelle déroute du 27. J'ai requis toutes les administrations voisines d'arrêter et de désarmer ces infâmes... Les brigands nous font une guerre de sans-culottes, et nous en faisons une de sybarites. Chaque général est une espèce de satrape. Les soldats sont encouragés au pillage et aux excès de tous genres. Ils déshonorent la Bépublique et