‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 7 sur 198 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

banc du procureur à la chaise curule du proconsul qu'il se pourrait bien que le vertige de la toute-puissance ait produit en lui un certain égarement. « Lorsque la fortune nous surprend, dit Fauteur des Maximes, en nous donnant une grande place sans nous y avoir conduits par degrés ou sans que nous nous y soyons élevés par nos espérances, il est presque impossible de s'y bien soulenir et de paraître digne de l'occuper. »

Carrier était débauché, cruel, brutal, irascible et cédant au premier mouvementqui, chez lui, était presque toujours mauvais; mais la fermeté dans le commandement lui manquait. On pourra constater plusieurs fois, dans le cours de ce récit, que sa volonté devenait vacillante dès qu'il rencontrait un obstacle sérieux. Assurément la ville de Nantes a eu beaucoup à souffrir de la présence de Carrier ; il serait injuste pourtant de le rendre responsable de tous les maux. Les gens de son entourage, qu'il n'avait pas choisis et qu'il trouva en place en arrivantàNantes, étaient, pour la plupart, d'abominables scélérats ; les meilleurs, ou plutôt les moins mauvais, les membres des administrations, étaient médiocres, pusillanimes, et aussi insouciants qu'incapables de lui l'ésister.

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