‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 70 sur 198 · Eod., VII, supplément au n° 19, p. 86 et · texte numérisé non relu

Eod., VII, supplément au n° 19, p. 86 et

4. Bulletin du Triijunal révolutionnaire. Déposition de la lemme Pichot, VI, 283.

r>. Pièces remises à la. Commission des Vingt et Un, p. 25, 89 et

les tua à coups de fusils et autres instruments, et cette opération dura une heure et demie ^

Les noyades, qui d'abord avaient lieu la nuit, se firent à diverses reprises en plein jour. Pour tirer un bénéfice des vêtements des prisonniers, on les obligea souvent à se déshabiller; et c'est ainsi que Favreau vit sur les bords de la Loire tant de cadavres nus.

En admettant que les grandes noyades de prisonniers, prisa l'Entrepôt, n'aient commencé qu'en nivôse, elles durèrent au-delà du milieu de pluviôse, c'est-à-dire pendant six semaines au moins.

Pour une noyade de trois cent soixante prisonniers, le l"'" nivôse (21 décembre), je signalerai tout d'abord le témoignage de Carrier lui-même. A la date du 2, il écrivait, au Comité de Salut public, une lettre dont l'original est perdu, mais dont l'analyse a été conservée, et est ainsi conçue : Canner ajoute tm moi ries miracles de la Loire, qui vient encore cl engloutir trois cent soixante contrerévolutionnaires '.

Benaben, dans la même lettre du G nivôse, où il parlait des fusillades dont il avait été le témoin à Savenay, ajoutait : « Ici, on a une tout autre manière de nous débarrasser de celte maïul ite engeance : on met tous ces coquins-là dans des bateaux qu'on fait ensuite couler à fond. On appelle cela envoyer au Château (TEaii. En vérité, si les brigands se sont plaints quelquefois de mourir de faim, ils ne

1. Déposition de Fonteneau et de Ciievalier (Jo?/?7zrt/ des Lois, numéros des 22 et 26 brumaire an III).

2. Aulard, Recueil des actes du Comité de Salut public et des représentants en mission, t. IX, p. 589.

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pourront pas se plaindre au moins de mourir de soif. On en a fait boire aujourd'hui environ douze cents. Je ne sais (jui a imaginé cette espèce de supplice; mais il est plus prompt que celui de la guillotine, qui ne me paraîtdestinée, désormais, qu'àfaire tomber les têtes des nobles, des prêtres et de tous ceux qui, par le rang qu'ils occupaient autrefois, avaient une grande influence sur la multitude ^ »

Admettons que les membres du Comité de Salut public n'avaient pas une ouverture d'esprit suffisante pour comprendre la périphrase de Carrier sur les Miracles de la Loire^ et qu'aucun d'eux n'avait reçu de lettres semblables à celle d e Benaben , Il est impossible de supposer qu'ils ne lisaient pas les journaux; or tous les journaux de Paris de la première quinzaine de nivôse ont reproduit ce passage d'une lettre de Nantes, lue le 11 nivôse, à la séance de la Commune de Paris ;

(' Le nombre des brigands qu'on a amenés ici depuis dix jours est incalculahle. Il en arrive à tout moment. La guillotiae étant trop lente, et attendu qu'on dépense de la poudre et des balles en les fusillant, on a pris le parti d'en mettre un certain nombre dans de grands bateaux, de les conduire au milieu de la rivière, aune demi-lieue de la ville, et, là, on coule le bateau à fond. Cette

OPÉKATIOK SE FATl' CONTlNUELLEMEiNT 2. »

Un messager de la Vendée, chargé d'apporter

1. Revue de la Bévolulion, 1884, IV, II" partie, p. 143. Voir aussi le Rapport de Renahen. commissaire du déparlement de Maine-et-Loire, Angers, Marne, an 111, p. !)2.

z. Journal de la Montagne du 13 nivôse an II, p. 394, et la plupart des autres journaux.

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dos iiouvollc-; da llit'àlio de la guerre, présenté par Barère à la Conveniion, dans la séance du 8 nivôse (28 décembre), dit : « Trois maux incurables poursniv^ent les brigands : la Loire, la guillotine et les armées de Westermann et de Marceau. » La Loire est citée la première; la guillotine et les soldats de Westermann et de Marceau ne viennent qu'au second rang. « Va, répondit le président de la Convention à ce messager, retourne auprès de tes frères d'armes. Disleur qu'ils ont bien mérité de la patrie... {On applaudit) '. »

Le 20 nivôse (0 janvier 1794), un nommé Loyvet, garde-magasin des vivres de l'armée à Ancenis. écrivait à Lecointre de Versailles : « On cont'ume ici de fusiller, guillotiner et noyer homme>i et femmes des rebelles qu'on a ramassés depuis leur défaite -. »

Un ouvrier tourneur, nommé Depois, qui fut emprisonné aux Saintes-Claires, le 10 nivôse, et y resta buit mois sous la prévention d'avoir fait évader un brigand de l'Entrepôt où Depois était employé à la distribution du pain, est le seul témoin qui ait parlé de la présence de Carrier au bord de la Loire pendant les noyades. « Il vit, dit-il, deux fois, le soir, Fouquet et Lamberty venir a l'Entrepôt prendre des prisonniers qu'ils conduisaient à la Piperie pour les noyer. Il ne les a suivis que jusqu'aux Salorges ; mais il se rappelle avoir, une des deux nuits, reconnu là,

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