U J.-B. CARRIER
aristocraUis se gendarmer et demander la tête de quelques citoyens. Soyons fermes dans nos principes et fermons l'oreille à ces clameurs*. »
Ce dialogue violent entre les Jacobins et les Thermidoriens ne pouvait durer indéfiniment, et il était facile de prévoir que, des paroles, on en viendrait aux actes. Les Jacobins ne désespéraient pas d/intimider la majorité .de la Convention par un mouvement populaire, quoiqu'ils fussent très affaiblis depuis la destruction de la Commune de Paris; de leur côté, les muscadins avaient confiance dans la vertu de leurs grosses cannes.
« On s'attendait h voir faire aujourd'hui, disait rAi/ii des Citoyena^ le 19 brumaire (9 novembre), le rapport tant attendu sur Carrier. Fidèles à l'invitation de Billaud-Varennes, les tribunes jacobines s'étaient versées, dès le matin, dans la Convention. On a été obligé de faire évacuer les couloirs pour rétablir dans l'intérieur la circulation interrompue par une influence incx)nnue. Des groupes de tâteurs^ s'organisent de toutes parts ; mais les expériences ne sont pas heureuses. Un de ces messieurs avait attroupé beaucoup de monde dans le voisinage de la Convention. Il posait en principe que tous les Jacobins étaient patriotes et tous les patriotes Jacobins. 11 proposait décrier : Vivent les Jacobins! Ayant voulu faire le petit Goupilleau^, et menacer de ses bras, et môme de son bâton, des citoyens se sont assurés
1. Journal de la Montagne du 19 brumaire an IH (9 novembre i794), p. 198.
2. Tuteurs d'opinions, raccoleurs de manifestants, je suppose.
3. Allusion peut-être à une violente sortie, faite par Goupil-