J.-R. CARRI£R
témoins portés sur la liste de Carrier ne furent ni cités ni interrogés par écrit.
On entendit successivement Bemard-Laquèze, concierge du Bouffay, Tévêque Minée, qui avait été président du Département durant le séjour de Carrier k Nantes. Minée ne fut pas plus explicite dans cette seconde déposition qu'il ne l'avait été la première fois ; il se reconnaissait sujet à des absences de mémoire. Chaux prit Forget à partie de la façon la plus vive. Cette prise de bec n'eut d'autre résultat que d'amuser les auditeurs. Dans ce chaos de cruautés, de violences et de lâchetés avérées, le seul moyen qu'eussent les accusés de s'excuser, c'était de se les rejeter les uns aux autres, et cette façon de se blanchir ne profitait en définitive à personne (14 frimaire).
Lecture fut donnée de la lettre de Hérault-Séchelles. Le fait d'avoir reçu cette lettre ne constituait pas une charge, car il peut arriver aux plus honnêtes gens de recevoir de mauvais conseils.
Gicqueau, membre important de l'administration départementale, n'eut point à se louer d'avoir comparu. Il ne put se défendre d'avoir écrit de sa main le cruel aiTêté du 24 brumaire an II, signé: Grandmaison, GouUin et Richelot, qui réglementait les conditions du voyage des Cent trente-deux Nantais envoyés à Paris* (15 frimaire).
« Gicqueau, Minée et Renard, écrivaitLaônnec, le lendemain, ont eu une peur dont ils ne reviendront pas tout à l'heure. Minée surtout, et Renard, ont été bafoués, honnis, confondus d'une si rude