Hisloire du Tribunal révolu iionnaire de Paris, VI
LE VEKDICT 42i
on vit, d'un côté, ce groupe, entouré d'une bande d'hommes pùles h cheveux plats, membres des anciens Comités révolutionnaires, et jacobins renforcés, claquant des mains et criant à tue-tète : « Bravo! Bravissimo!» Autour, et au milieu d'eux, étaient une légion de mégères jacobines, tendant les bras et le col, se trémoussant, s'approchant, embrassant et baisant à l'envi le livide et mielleux Bachelier, l'élancé et astucieux Goullin, le garotteur et sale JoUy, le lubrique Perrochaud, le coupeur d'oreilles Dhéron, le saigneur Hobin, et le reste de la bande anthropophage. »
« Plus loin étaient des milliers de citoyens, dans une morne stupeur, et laissant échapper des mots entrecoupés par leurs soupirs. Les dépopulateurs, les mangeurs d'hommes, vont donc être mis en liberté; les rivières rouleront doue encore des cadavres. Ces accents allument la rage des gorgones jacobines. « Taisez-vous, disent-elles, buveurs de sang, et respectez le jugement dont la sagesse eflace celui de Salomon. » Et le cortège accompagne triomphalement les assassins chez le restaurateur Méot au Palais-Egalité ^ »
L'usage d'exécuter les condamnés le jour même du jugement réduisait leurdernier jour à la durée d'un court après-midi. Tandis que les acquittés, réunis dans un festin, célébraient le verre en main leur mise en liberté, (Carrier, IMnart et Grand maison attendaient avec anxiété, à la Conciergerie, l'heure prochaine où ils seraient appelés au grelFe, pour être conduits au supplice.