‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documentsChapitre 85 sur 172 · Voir les Noyades de Nantes, 2* édit., p · texte numérisé non relu

Voir les Noyades de Nantes, 2* édit., p

2. Déposition de Lenoir, Bulletin du THbunal révolutionnaire^ VI, n- 97, p. 398. — Michelet, Histoire de la Révolution^ édit, Lfi^çroix, VIII, 342.

et Carrier le reçut du président... Ce n'est pas tout : après la séance, plusieurs membres s'assemblèrent extraordinairement, et arrêtèrent de nouveau d'envoyer deux députés à Paris pour engager les premiers à ne faire aucune démarche ^ » Ces députés partirent; le jeune Goupilleau, dans une autre lettre à son frère, exprime le très vif désir qu'ils n'arrivent pas à temps pour empêcher les premiers d'agir. Dugast-Matifeux a môme accusé les seconds envoyés, qui avaient accepté, de porter le contre-ordre, d'avoir détruit les registres de la Société populaire, afin de faire disparaître la preuve de leur mission 2. Si cela est vrai, ils ont parfaitement réussi, car leurs noms sont demeurés inconnus.

Pour braver Carrier, il fallait peut-être un certain courage, quoi qu'on ait pu remarquer dans le cours de ce récit que, toutes les fois qu'il rencontrait une résistance un peu soutenue, il se calmait et cédait; mais il n'était pas besoin d'être brave pour demander secrètement son rappel, surtout si l'on considère que les patriotes de Nantes ne s'engagèhent dans cette affaire qu'avec l'appui et les encouragements du petit Jullien, venu à Nantes fort à propos, et dans un moment où Carrier luimême ne demandait qu'à s'en aller.

On lit, en effet, sur un des registres du Comité de Salut public : « Il sera proposé à la Convention de faire remplacer Carrier^ qui demande son rappel, par un autre représentant. Prieur de la Marne sera

!. Précis de la conduite patriotique des citoyens de Nantes, p. 39. Lettre du H pluviôse an IL 2. Eod., p. 42.

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bien auparavant et en temps utile pour les arrêter, parLofficialetMeignen, ces représentants avaient été éconduits et traités de modérés, de protecteurs des brigands^

Est-il besoin de citer un autre fait, qui fut affirmé à la tribune par Laignelot, et que personne n'essaya de démentir? Le général Huche, dont les cruels exploits en Vendée avaient indigné les patriotes, avait été dénoncé par eux, amené à Paris et emprisonné. On lui reprochait d'avoir continué Carrier. « Robespierre prit sa défense et le renvoya dans la Vendée avec un grade supérieur à celui qu'il avait^. »

Il n'est, dit-on, pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre. Les nàembres du Comité de Salut public étaient mieux placés que qui que ce fût pour connaître ce que n'ignorait aucun habitué des Chambres de lecture. Robespierre rappelant tout à coup Carrier, à la première nouvelle de ses cruautés, est donc tout simplement un conte inventé pour apitoyer sur Vogre, et il n'est pas bien sûr que les historiens de l'école de Bûchez, qui l'ont propagé, y aient jamais cru eux-mêmes.

1. Séance du 8 vendémiaire an III {Béimpression du Moniteur^ XXU. 114). Loffîcial et Meif^enne sont pas nommés au Moniteur^ mais ils le sont dans d'autres journaux, notamment, le Républicain français^ n* 675, p. 2275.

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