‹ J.-B. Carrier, représentant du Cantal à la Convention, 1756-1794, d'après de nouveaux documentsChapitre 86 sur 172 · Journal de la Montagne^ vendémiaire an III, p · texte numérisé non relu

Journal de la Montagne^ vendémiaire an III, p

s'était prolongé, a II avait, écrivait-il de Nantes à Robespierre, dont il était le confident et lami, réussi à rendre la commune de Lorient aussi montagnarde qu'elle pouvait Tètre ^ » Après une courte pause à Vannes, il était arrivé à Nantes, le 10 pluviôse (29 janvier 1794). H venait fort à propos pour remonter le courage des patriotes, car ce fut précisément durant les cinq jours qu'il passa à Nantes que Carrier sembla le plus disposé à tourner contre eux sa fureur, en menaçant la Société populaire, en faisant arrêter Champenois, et en exigeant du Comité révolutionnaire qu'il prît des mesures qui indisposaient au plus haut degré tout le petit commerce.

Le mécontentement des patriotes des mauvais procédés de Carrier n'était pas pour déplaire à Jullien. 11 avait contre ce représentant une rancune personnelle. La vanité présomptueuse du jeune politicien avait été froissée péniblement d'avoir demandé, le mois précédent, le rappel de Carrier au Comité de Salut public, et de ne pas l'avoir obtenu. Cette fois, ses fautes et ses extravagances semblaient se succéder à souhait pour fournir à Jullien le moyen de prendre sa revanche.

La coïncidence de l'arrivée de Jullien avec le changement d'attitude de la Société populaire et de la Municipalité, qui, de soumises et plates qu'elles étaient auparavant, devinrent tout à coup presque arrogantes, montre bien d'où venait leur courage. Elles avaient trouvé un protecteur auprès du Comité de Salut public, et Carrier un surveillant

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