‹ J. B. GreuzeChapitre 20 sur 90 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les scènes familières de Greuze. — Ce qui fait leur charme; elles sont plus simples et plus naturelles que les peintures morales. — La Privation sensible. Le Retour de nourrice. — Goût de Greuze pour les petits détails et les accessoires domestiques. — Ses enfants, ses jeunes filles, ses ouvrières et ses servantes. — Abus d'un type conventionnel. — Influence visible de Boucher. — Une morale trop voluptueuse. — Le Baiser envoyé. — Volupté et polissonnerie. — La Cruche cassée et l'Oiseau mort.

Les scènes morales de Greuze, qu'il a multipliées à profusion, ont fait en son temps son succès : elles ne font pas aujourd'hui tout son mérite. Je leur préfère, pour ma part, les scènes familières où toutes ses qualités se sont déployées à l'aise, sans être gênées par des préoccupations étrangères à l'art. Ennuyeux comme un pédagogue et emphatique comme un prédicateur, Greuze reprend son naturel quand il descend de sa chaire, pour être un homme comme les autres.

Il faut bien reconnaître alors qu'il a en lui des parties de maître; si sa palette manque de chaleur et d'éclat, s'il reproduit sans se lasser les mêmes types d'enfants et de femmes, s'il y a dans tous ses tableaux une im-

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