CHAPITRE II
Où il est question de la philosophie et de l'empire qu'elle exerçait alors sur les cspriis. — ■ Les théories à la mode sur la bonté de l'homme et sur la vertu de nos premiers pères. — La perfection du Savoyard. — Ce qu'il y avait de vrai et de taux dans la nouvelle doctrine. — Régénération delà société, de la littérature et de l'art par le retour à la nature — Comment il faut juger l'homme du peuple. — Ce que Greuze, après tant d'autres, a dû à son origine. — Un genre nouveau : la peinture morale. — Greuze et Hogarth. — Influence des théories de Diderot sur Greuze,
En ce temps-là la philosophie commençait à régner sur la terre de France, et c'étaient ceux-là mêmes dont elle troublait le repos et menaçait les privilèges qui lui faisaient l'accueil le plus honnête. Elle enseignait que l'homme est naturellement bon : qu'il était plein de candeur, de politesse et de générosité en sortant des mains du Créateur, mais que l'infâme civilisation l'avait corrompu et que ses véritables corrupteurs étaient ces mêmes gens de lettres qui entreprenaient maintenant de le ramener au Paradis terrestre. Toute une société fardée, poudrée, musquée, gracieuse et courtoise à l'excès, se pâmait avec des petits cris de ravissement devant ces théories dont le résultat le plus sûr devait
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