‹ J. B. GreuzeChapitre 4 sur 90 · ÉTUDE DE JEUNE FEMME · texte numérisé non relu

ÉTUDE DE JEUNE FEMME

Réduction d'une sanguine de J. B. Greuze. — (Ancienne Collection Laperlier )

J. B. GREUZE ii

être de la balayer avec toutes ses conventions et toutes ses convenances de la surface du monde. Mais qui s'est jamais préoccupé dans notre pays de l'échéance d'un billet ou des conséquences d'une doctrine? Celle-là faisait fureur, et tout ce beau monde, comme disait Voltaire, avait une envie folle de marcher à quatre pattes, pour imiter de plus près nos vertueux ancêtres dans leurs promenades à travers les bois.

La philosophie enseignait encore — et ceci découlait naturellement de cela — que, si la corruption est en haut, la droiture, le désintéressement, l'abnégation sont en bas. Raca sur les têtes poudrées, les robes en cerceaux et les culottes gorge de pigeon. Un cœur honnête ne bat à l'aise que sous une veste de bure.

L'heureuse ignorance du Savoyard qui mange, sous une porte cochère, son croûton frotté d'ail, le fait plus voisin de la perfection primitive qu'un cordon bleu ou qu'un gras fermier général. C'est à cet honnête et grossier Allobroge qu'il faut demander le secret de toutes les vertus qui sont allées en

s'affaiblissant à travers les siècles, submergées par le rlot envahisseur de la civilisation. « La nature humaine est donc bonne. Oui, mon ami, et très bonne. . . Ce sont les misérables conventions qui pervertissent l'homme et non la nature humaine qu'il faut accuser...' » Cette bonté, où la retrouver ailleurs que dans la classe de la société qui ne connaît pas ces conventions et qui vit dans un état de nature

i. Œuvres complètes de Diderot. Ëdit. Assézat, t. VFI, p. 3i2. De la Poésie dramatique.

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