‹ J.-B.-L. Gresset: sa vie--ses œuvresChapitre 10 sur 18 · IV · texte numérisé non relu

IV

(4) Id.

(5) Id.

gème qui Tédifiera sur les véritables sentiments do Gléon, elle avoue la crainte qui la ronge :

Il est vrai que Chloë me donne quelque ombrage (1).

Une telle complexion n'est pas pour inspirer beaucoup de sympathie. Florise se relève dans notre estime, à la fin de la pièce, quand elle congédie Gléon :

Eh bien ! allez, Monsieur ; que vos talents sur nous Epuisent tous les traits qui sont dignes de vous. Ils partent de trop bas pourpouvoir nous atteindre... (2).

Voilà de fières paroles ; pourtant cette attitude estelle vraisemblable chez une coquette, une égoïste, si peu consistante et si peu ferme, et la dernière partie du rAle ne dément-elle pas la première ?

Chloé,rune des plus heureuses créations de Gresset, est un modèle de charmante simplicité: elle ne ressemble guère à Florise. Elle soutient la comparaison avec les héroïnes- de Molière, dont elle se distingue par un trait fort précis: la jeune fille, chez Molière, ou bien lutte contre Tautorité qui l'opprime, ou bien, si elle cède, proteste au fond du cœur contre la tyrannie paternelle. Ghloé ne connaît même pas cette révolte muette : elle se résigne pleinement et entièrement. Tous ses efforts pour contenter Florise ne lui attirent que des rebuffades et des duretés ; elle souffre, et Lisette est la seule confidente de son chagrin.

Je cherche à mériter l'amitié de ma mère ; Je veux la contenter, je fais tout pour lui plaire ; Je me sacrifierais : et tout ce que je fais De son aversion augmente les effets (3).

Page 1