‹ J.B. Perronneau (1715-1783) sa vie et son œuvre 1923Chapitre 19 sur 107 · PRO · texte numérisé non relu

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PORTRAIT DE FEMME Pastel. Signé et daté 1748.

(A. M. Armand Mame)

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de La Tour, de ses dons multiples aux pauvres de sa ville natale, s'accorde mal avec une lésende de dureté et de lutte sans merci.

Il faut croire que le tournoi ne fut pas décisif, puisque Baillet de Saint-Julien, la même année, dans sa Deuxième lettre sur la peinture à un amateur, écrit ceci: « Il me reste à vous parler de nos peintres de portraits: les plus illustres sont MM. Nattier, Tocqué, Aved, chacun dans un genre différent, et M. La Tour, dans tous les $enres. Nous dirons aussi un mot de M. Peronneau.…. Quant à La Tour, c’est un Protée dont l’art se montre sous toutes les formes imaginables : tantôt sévère, tantôt enjoué ; tantôt facile, tantôt plus réfléchi ; ici noble et majestueux, là piquant, vif et spirituel ; ses portraits, pour quelqu'un qui sait lire dans la nature, sont autant de caractères ; et jamais peut-être on n'eut ni de meilleurs yeux pour la voir, ni une meïlleure main pour la rendre. M. Peronneau semble l’avoir pris pour modèle, et ce choix est déjà une preuve de son $oût ; on ne saurait trop espérer sans doute de ses talents ; et il est probable que cet auteur doit prendre un jour des mains de M. La Tour le sceptre du Pastel, lorsque celui-ci, satisfait de la $rande multitude de ses triomphe, songera enfin à se reposer à l’ombre de ses lauriers. » (1)

Bachaumont, lui, est moins favorable (2) :

« M. Peronneau fait bien le portrait à l’huille et au pastel, mais mieux au pastel qu’à l’huille. II cherche la manière de la fameuse Rosalba, mais il est bien moins $rand qu’elle. Sa touche est pleine d’esprit, peut-estre un peu maniérée et s’écartant un peu de la nature. Il faut voir ses portraits d’un peu loin, et surtout ceux à l’huille ; de loin, ils font de l’effet. »

(1) À comparer ce texte avec le compte-rendu de l’année 1748, par le même « critique d’art ».

(2) Liste des meilleurs peintres, sculpteurs, graveurs et architectes des Académies royales de peinture, sculpture et architecture suivant leur rang à l’Académie, 1750. (Notes de Bachaumont, tirées des papiers de la Bibliothèque de l’Arsenal, publiées à la suite des

Mémoires de Wille.)

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En 1751, il arrivait au Salon avec douze pastels et une peinture. Nous ne savons ce qu'est devenu le portrait de M. le comte de Bonneval, sans doute, Charles-Michel de Bonneval qui, cette année-là, se trouvait être un des six intendants des Menus Plaisirs, celui de M. Ruelle, premier échevin de Paris, demeurant rue Saint-Louis, près le Palais, et de M” Son Epouse, celui de M"° de Saint ***, de M" Lany, de M" “**, de M" Rosalline, de M. ***, et le portrait, peint à l’huile, de M°° du Ruisseau, probablement la femme de Charles du Ruisseau, avocat au Parlement, qui signera au contrat de mariage de l’artiste.

On pourrait penser, en lisant le manuscrit d'Ameiot (1), que M’ Rosalline n’est autre que M" Rosalie, « demoiselle des chœurs, entrée à l'Opéra en 1748, au mois d’octobre, surnuraéraire, supprimée à Pâques en 1749. » Mais un rapport de police (2) nous renseisne sur la « demoiselle Rosaline, dite Raton, actrice de l’Opéra-Comique, faubour$ Saint-Denis ». « 11 juin 1756. — Il y a dix ou douze jours que la demoiselle Rosaline, actrice de l’'Opéra-Comique est allée demeurer au Faubourg Saint-Denis, la première porte cochère à droite, passé la $rille dans une petite maison dont elle occupe 1la totalité. Elle a pour 60Ù I. de loier par an. M. de Roquemont, à la charge de qui cecy tombe encore, lui a donné à cette occasion pour 800.1. de meubles d’au$mentation. Monnet (3) lui donne 3000 I. d’appointement. »

Nous avons cherché en vain, dans les archives de l'Opéra, la trace de « M” Silanie ». Nous sommes convaincus que le livret du Salon dont l’orthographe est souvent fautive, veut désigner ainsi la demoiselle Lany, une personnalité du monde de la danse au XVIII siècle. En effet, le 22 septembre 1751, l’asent de police Meunier fait un rapport ainsi conçu:

(1) Archives de l’Opéra.

(2) Bibliothèque de l’Arsenal. Papiers de la Bastille. (3) Sans doute le directeur de l’Opéra-Comique.

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