‹ J.B. Perronneau (1715-1783) sa vie et son œuvre 1923Chapitre 20 sur 107 · PAT · texte numérisé non relu

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« La D" Lany, danseuse de l'Opéra demeure rue Fromenteau, à la Gerbe d’or, chez un marchand de vin, au second sur la rue, vis-à-vis la place du vieux Louvre. Elle est sœur de Lany, maître de ballets à l'Opéra. On la dit née à Paris dans le canton de la place Maubert ; âgée de 22 à 23 ans, petite, brune, les yeux noirs et effrontés, point jolie. Elle a une autre sœur qui est sa cadette mais qui n’est point à l'Opéra, elle n'a même aucun talent pour y aspirer.

Depuis quatre à cinq mois elle est entretenue par milord Holtins-ton (Huntinston) jeune homme d’environ 24 ans, d’une jolie fisure et puissamment riche et d’une des premières familles d'Angleterre, demeurant icy, rue des Petits-Augsustins, chez Olivier, tenant l'hôtel de Hambourg garni. On assure qu’il lui a donné en débutant 20 000 livres comptant, quoique la somme paraisse un peu forte, le fait est qu’il dépense beaucoup. »

Il n’est pas sans intérêt de remarquer que la même année Perronneau habite la même rue que son modèle. Au Salon de 1753 il enverra le portrait de milord Huntinston qui protégeait la demoiselle Lany depuis le mois de mai 1751. C’est entre les mois de mai et d’août que le peintre a dû exécuter le portrait de celle qui, dès 1750, l’emportait sur la Camar$so en battant six entrechats.

Avec les portraits de M. et M”° ***, nous nous trouvons en pays de connaissance. Mariette a eu le bon esprit de Îles désiÿner, en ajoutant en note, sur l’exemplaire de son livret, conservé au Cabinet des Estampes (1), le nom de Fontaine, sellier du Roi. Ces pastels, représentant M. et M”° de La Fontaine, appartenaient, en 1908, au marquis de Saint-Maurice-Montcalm ; ils portent, à côté de la sisnature, la date de 1750. Quelle sécurité dans ces visages de gagne-$ros ! Lui, en habit lilas pâle, la main sortant d’un chiffonnage de Valenciennes et engagée

(1) Cabinet des Estampes, collection Deloynes.

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dans un filet noisette, le tricorne $gris-bleu passé sous le bras; elle, étalant son embonpoint £lorieux et couperosé dans le $grand et larse manteau de velours bleu saphir, frimatté de givre, $arni d’une fourrure brune qui donne quelque saveur au décolleté. Le « parfait contentement » en dentelle, un ruban de velours noir accompagnent les tons de cette riche maturité, une cornette du plus joli point de France encadre la neïge des cheveux poudrés de son réseau de tulle gaufré, et ses barbes pendantes ondulent jusqu’à la taille sur le velours du manteau. Les doigts s échappent des mitaines blanches que leur coloration double de rose.

Même tranquillité bourgeoise, mais infiniment plus de grâce dans les fisures de M. et de M" Desfriches, que le pastelliste entoure de tout ce qui affirme leurs soûts (pl. 13). L’amateur orléanais (1), avec sa robe de chambre de lampas bleu à ramages blancs, dont les ambassades siamoises et persanes venaient de mettre à la mode les fleurs fantaisistes, son foulard rayé de jaune et de bleu, ne manque pas de nous montrer son carton à dessins, sans doute rempli du fameux papier à tablette où son crayon léser, vaporeux a fixé le souvenir

« Des prés fleuris qu'arrose la Loire ».

Quel écho attendri son visage empreint de finesse souriante et de vraie bonté ne trouve-t-il pas dans celui de « M”° son épouse » (2). Elle a revêtu, pour lui plaire, sa robe décolletée en soie de nuance colombin, où le bleu joue à cache-cache avec le mauve ; le « parfait contentement » s'étale à la naissance de la gorge ; les triples engfageantes de blanche Malines se déploient en

(1) Aïignan-Thomas Desfriches, dessinateur-amateur, né à Orléans le 7 mars 1715. Les bords de la Loire et du Loiret lui fournirent le sujet de ses paysages. Lié avec la plupart des artistes et des collectionneurs de son temps, qu’il recevait à Orléans ou à la Cartaudière, sa maison de campagne, il entretint avec eux une correspondance assez suivie. Il avait réuni une beile collection de dessins et de tableaux, principalement des Ecoles flamande et hollandaise. Il mourut à Orléans, le 25 décembre 1800.

(2) Mme Desfriches, née Marie-Madeleine Buffereau, morte à Orléans le 5 février 1813, âgée de 97 ans

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TS | jialvaux

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