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JAcOoB DE KRETSCHMAR
Pastel. Signé et daté 1754.
(A M. Van Kretschmar)
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en une petite brochure à couverture dorée, nous apprend qu'il habite, de 1756 à 1759, au bas de la rue des Fossés Saint-Victor. Que s’était-il passé dans cet intervalle ? Chacun se souvient d’avoir vu à l'Exposition de Cent Pastels un délicieux portrait, l'Homme aux trois roses, qui troubla bien des cœurs sensibles et charma tous les yeux. Sur le fond vert tendre s’enlève l’habit souple, flottant, d’un rose « velours de pêche » où les reflets blancs sont à ce tissu ce que la fleur est au fruit ; le revers du col est de satin noir ; un flot de dentelles s'échappe du tour de cou en linon et descend en double jabot ; les larges bouillonnés en point d'Alençon font un nuage aux trois roses thé qui sortent d’une boutonnière de l’habit. Comme l’habit est bien le principal personnage ! Comme il efface ironiquement la physionomie un peu efféminée de ce jeune homme aux yeux d’aisue-marine, au nez busqué, au toupet « en vergette », aux cheveux poudrés à frimas, frisés sur le côté en larges boucles qu’on appelait alors des ailes et, sur la nuque, ramassés en catogan par un lar$e nœud de taffetas noir ! A coup sûr, ce joli homme est un galant, un de ces compagnons de plaisir dont une femme aimait à dire: « Son air m enchante, son ton, ses manières. »
Le premier moment de séduction passé, on s’approchaïit, et on lisait en haut du tableau la signature et la date 1756. Comme nous le verrons plus tard, à propos de l’année 1765, l'Homme aux trois roses ne serait autre que M. Tassin de la Renardière. M. Groult avait fait sa connaissance aux environs de Bordeaux, dans le château du Petit-Verdus. Voilà qui nous donnerait la date d’un second séjour de Perronneau dans cette ville, confirmé par le portrait au pastel d’un jeune homme appelé M. de Beauséjour, sisné et daté, et en possession de M. Laliment, au château de la Touratte, dans la même région. À la même année remonte le portrait de Jean Couturier des Flottes, à l’âge de vin£$t-trois ans, lésué au Musée du Louvre par M. Henri de Fonbrune.
RCD
L'année 1757 reste mystérieuse. Au Salon du Louvre, l’artiste envoyait « plusieurs portraits au pastel », sans plus d’explication. Même incertitude si l’on consulte les contemporains. Le Mercure de France nous déclare en octobre que « M. Perronneau a exposé plusieurs portraits en pastel peints avec facilité. » Les Annonces, affiches et avis divers du 7 septembre observent la même discrétion : « Les pastels de M. Ia Tour et ceux de M. Perronneau font ici leur effet ordinaire. » Et ce serait tout, du moins quant aux documents officiels, si l’on n’avait fait récemment une découverte que nous considérons comme étant de la plus $rande importance. Nous savions déjà que Perronneau avait séjourné et travaillé à Bordeaux et nous avions signalé, dans la première édition de cet ouvrage, un certain nombre de ses portraits exécutés dans cette ville en 1769. Mais voici que l’on vient de trouver chez les descendants de la famille Journu, à laquelle nous avions fait allusion, toute une série de portraits des membres de cette famille dont huit sont de la main de notre artiste et une quinzaine d’autres dus à différents peintres. Le premier en date serait celui d’un fils Journu (1): le personnage est un ecclésiastique vu de face, en soutane noire et rabat, avec une ceinture montant très haut et reflétée de bleu, tandis que le fond s’éclaire d’un or léser (pl. 18) ; l’œuvre est sisfnée, en haut et à sauche, à la mine de plomb : Perronneau, 1757. S'agit-il d’un des vingt-deux enfants de Madame Journu, de celui qui fut chanoine au chapitre de Saint-Dié ?
Faut-il rapporter à cette même année quatre pastels qui ont la même origine? Le premier est un portrait d'homme, vu de face, dans une harmonie de rouge, un tricorne passé sous le bras, avec un coi de lingerie blanche, une cravate de dentelle attachée à un ruban de soie noire (pl. 19) ; le deuxième représente une femme dans une harmonie de rose, avec un décolleté en carré,
(1) Collection Demotte.