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Cochin ait été fait pour le cabinet de Desfriches. On ne connait pas davantage la destinée du portrait de Vernet. A en croire son Livre de Raison, ce peintre quitta Paris de 1753 à 1759, pour peindre la suite des ports de France, et il séjourna notamment à Bordeaux de 1757 à 1759. II est probable que Perronneau a exécuté son portrait dans cette ville, soit en 1757, soit en 1758, avant ou après le Salon de Toulouse.
Il y a dans les notes manuscrites de Mariette, conservées au Cabinet des Estampes, un joli croquis de Laurent Cars, le fils: « Cars, ami des artistes, les réunissait souvent chez lui, son esprit vif et agréable était parfois caustique, maïs sa douceur faisait disparaître cette erreur de l’esprit. Nous rappellerons ici un trait qui en peignant sa vivacité offre une preuve de sa bonté naturelle. Son père en son absence ayant fait des corrections à une planche qu'il $ravait, en avait $ardé plusieurs parties ; à son retour le jeune artiste emporté par un mouvement involontaire efface avec colère la place où les travaux avaient été changés ; à peine rappelé à lui, la crainte et la douleur d’avoir manqué à son père lui fit une telle révolution qu'il en tomba dangereusement malade. Les qualités de son cœur étaient encore préférables à celles de son esprit. » Le pastel de Perronneau, entré au Louvre avant 1781, révèle ce double caractère du personnage, esprit et bonté(pl.22). L'œuvre enchantait Goncourt qui vantait «le rasoût des petites touches, le modelage dans le tapotage, le travail artiste, léger, spirituel, le verdâtre corrégsien des demi-teintes d’où s’enlèvent des tons de santé et le rose du front, du nez, des pommettes, du menton, l’animation riante de toute la tête ». La Chalcographie possède la belle planche qui en a été g$ravée par Miser, exposée au Salon de 1779, et achetée en 1782 par l’Académie Royale de peinture et de sculpture pour la somme de 300 livres. En mai 1904, à la vente de la collection de la princesse Mathilde, un autre portrait de Laurent Cars, une peinture sur toile était adjug$ée 12,500 francs à M. David Weill ;
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on y voyait le peintre, en robe de chambre couleur gorge de piseon, perruque poudrée, un mazulipatam de soie rayée de bleu et de puce, négli$emment noué autour du cou, et laissant apparaître l’extrémité du col de la chemise ; l'homme semblait avoir pris en vieillissant une physionomie plus soucieuse et décidément abandonné la raillerie pour une bonté un peu grave.
Les envois du pastelliste ne plurent pas à tous. Un foiliculaire de 1759 (1) le reprend ainsi: « M. Perronneau donne dans un autre excès ; ses Portraits quoique dessinés avec esprit sont d’un ton $ris qui leur Ôte une partie de leur mérite. » Les Annonces, affiches et avis divers, se bornent, en les mettant sur le même plan, à citer « plusieurs portraits en pastel de M. de la Tour et de M. Perronneau ». L’Année littéraire se montre plus satisfaite : « M. Perroneau dans ses pastels joint à une exécution spirituellement détaillée une couleur vraie et séduisante. » La Feuille nécessaire insère la rectification suivante: « Vous avés mis par erreur M. Tocqué au nombre des peintres en pastel ; c’est sans doute M. Peironneau dont vous vouliés parler; cet artiste a donné à ses pastels toute la vie et toute la $râce dont ce $enre est susceptible. »
Du 23 août 1759 au 3 septembre 1763, Perronneau ne signe pas aux procès-verbaux de l’Académie. On relève, d’autre part, dans la liste annuelle des membres de l’Académie Royale, son adresse à Paris de 1760 à 1763, rue Notre-Dame-des-Victoires, la cinquième porte cochère à droite en entrant par la place. Nous avons les preuves d’un séjour de l'artiste sur les bords du Loiret en 1760 : ce sont deux pastels représentant François Pinchinat, écuyer, conseiller secrétaire du Roi, et Avoye Seurrat, son épouse ( pl.25) ; François Pinchinat et sa femme habitèrent durant
(1) Lettre critique à un ami sur les ouvrages de MM. de l’Académie exposés au Salon du Louvre, 1759.