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personne que M. de Fourqueux, mon ancien amie et protecteur ; j'y ay diné avec un Monsieur Cadot, j'i ay aprie le mariage de madame votre chèr fille. M. de Trudaine est à Montigny ; j'ignore si je le voirray avant mon départ. »
Michel Bouvart de Fourqueux, conseiller d'Etat et successeur de Calonne au contrôle $sénéral, que Perronneau avait peut-être connu par l'intermédiaire de Desfriches, et qui signait à son contrat de mariage, avait épousé la fille de M. Montyon, celle-là même qui se plaisait, dans son salon, aux mystifications du « fameux Goys jouant le personnage et le sexe de la chevalière d’'Eon ». Il en eut deux filles, dont l’une épousait, en 1761, Jean-Charles-Philibert Trudaine de Montigny, intendant des finances, et l’autre, en 1769, Etienne Maynon d’Invault, contrôleur $énéral en 1768 et prédécesseur de l’abbé Terray. Du chôiteau de Montyon au château de Montigny Lancoup, l’un et l’autre dans Îles environs de Provins, le chemin était court.
Que dire de M. Trudaine, sinon qu'il donnait aux arts tout le temps qu'il n'accordait point aux affaires de l’Etat ou aux demoiselles de l'Opéra. Il amassait à Paris, dans sa demeure de la rue des Vieilles Haudriettes, les tableaux, dessins, estampes, terres cuites, bronzes et bijoux qui furent vendus au mois de décembre 1770. Comme les portraits de M. Hauguer, de M. Guelwin et de M. Tollins, comme ceux de M”*° Perronneau faisant des nœuds, et de M” de Tourolle, son amie. les effisies de M. et de M”* Trudaine de Montigny se sont ésarées. On le voit, lui, dans l’exquis tableau d'Olivier, le « Thé à l’Anglaise », causant avec le prince de Conti, bien connu pour sa répusnance à se laisser peindre, et qui avait consenti, par $rande faveur, pour que le tableau comprit tous les familiers de ce salon aux boiseries blanches, à la lumière si délicate, aux $rands rideaux roses, à montrer la perruque et le dos du maître de maison.
Que pensait la critique ? M. du P***, académicien associé, dans une Lettre sur les arts à M. d’Yfs, de l’Académie des Belles-
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Lettres de Caen, lui dit: « Vous auriez sçu $ré au pinceau de M. Perroneau d’avoir rendu avec vérité les traits d’un jeune Mañgistrat pour lequel vous avez la plus $rande estime et qui est digne de l'affection que vous lui portez ; il ne vous en faut pas davantage pour reconnaître M. de Montigny. » Le témoi- $nase de Mathon de la Cour est plus précieux et nous apprend l'existence d’un portrait non mentionné au catalogue (1): « Je n'entrerai pas, Madame, dans beaucoup de détails sur les ouvrases de M. Perronneau; ce sont des Portraits en pastel. Celui de M. Hanguer, Echevin d'Amsterdam, et celui d’un jeune enfant ont beaucoup de caractère. La ressemblance fait sans doute le principal mérite des autres ; mais c’est un mérite dont ie ne saurois juger. » L'abbé de la Porte est du même avis (2): « Plusieurs portraits en pastel, par M. Perronneau, sont vus avec satisfaction, tant pour les vérités de ressemblance que pour d’autres parties qui méritent l’attention des connoisseurs. » On lit dans les Affiches, annonces et avis divers du 14 septembre: « Quelques bonnes têtes de M. Perronneau et de M. Greuze. »
Dans le Mercure de France du mois d’octobre: « Plusieurs portraits en pastel par M. Perronneau sont vus avec satisfaction tant pour les vérités de ressemblance que pour d’autres parties qui méritent l’attention des connoisseurs. »
Dans l’Avant-Coureur: « M. Peronneau s’est en quelque sorte surpassé cette année, plusieurs portraits en pastel de sa façon sont admirés des $ens de goût. »
Dans l'Année Littéraire: « Monsieur Peronneau se distingue toujours par une manière de peindre très spirituelle et par les détails rendus avec lésèreté. »
Le Journal encyclopédique: « Entre plusieurs morceaux du
(1) II lettre à M° **“* sur les peintures, les sculptures et les gravures exposées dans le Salon du Louvre en 1763.
(2) Description des tableaux exposés au Salon du Louvre, avec des remarques par une société d'amateurs (Extraordinaire du Mercure de septembre).