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et attenant à l’abbaye Saint-Antoine, probablement une maison de campagne pour l'été, « une folie », puisqu’en même temps il venait occuper, en ville, un autre appartement, rue du Boulois, près de l’Hôtel de Hollande, où il demeurera jusqu'en 1769.
C’est encore à ses amis d'Orléans qu'il va en 1766, à Le Normant du Coudray (1) et à M"° Fuet (2).
Nous ne dirons pas de cette femme qu’elle nous inspire, comme beaucoup d’autres modèles bourgeois de l’artiste, une confiance
illimitée. Il v a tant de finesse dans le sourire, dans le resard
des yeux gris mélangés de bleu, abrités de sourcils bruns très accentués ! Cette finesse s'accompagne d’une recherche rare dans le costume et l’attifement: parmi les cheveux poudrés et coiffés en tapé, quelques fleurettes jetées çà et là, un esclavage de perles attaché sur la nuque par un nœud de ruban blanc, une robe de soie jaune mouchetée de pastilles, une modestie en marli rayé qui épouse la naissance de la £orge, la bande de fourrure noire qui encadre le décolleté pur et souple, les trois échelons de fourrure qui barrent le corselet de soie jaune, tout cela est d’une saveur étrange.
Dans le portrait de Charles Le Normant du Coudray, personnage déjà portraicturé, nous l’avons vu, en 1747, l’accord se résout par les complémentaires bleu et jaune. Le costume offre beaucoup d’analogies avec celui de Desfriches: une robe de lampas bleu sur laquelle un mazulipatam néglisSemment se noue ; le carton que retient la main droite, et sur lequel on lit en toutes lettres « Recüeil d'Estampes », les rayons de la bibliothèque que laisse voir une tenture soulevée, tout indique les $oûts du per sonnage ; c'est un fonctionnaire de province qui occupe ses loi.
(1) Jusqu’en 1909 dans la collection de M. Doistau; adjugé 18,500 francs à la vente de celui-ci.
(2) Musée d'Orléans.
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sirs, comme Desfriches, à collectionner des estampes et des livres.
Le même maintien, la même physionomie nous donneraient à entendre que le portrait d'homme, peint à l'huile, qui se trouve dans la collection de M. Potin, représente le même personnage. Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’y revenir à propos de l’année 1767, puisqu’aussi bien c’est la date de ce dernier portrait.
Nous connaïssons quatre autres pastels de la même année. Deux d’entre eux, représentant chacun une femme, n’ont pas d'état civil. L’un se trouve dans la collection de M. Chévrier, l’autre faisait partie de l'ancienne collection de M. Groult, le père. Le premier est une harmonie de bleu et d’or: le corsage décolleté s’ouvre sur un « corps » bleu garni du parfait contentement, dont les coques s’étalent sous une modestie ; un fichu de Saze bleue mat, barré de raies satinées jaunes est jeté sur les épaules ; la physionomie spirituelle s’encadre d’une cornette de dentelle aux barbes retroussées ; le cou s’orne d’un esclavage de perles. Le second est une recherche de rose et de noir: un corsase rose, une mantille de soie noire à pois, un « corps » de satin blanc, voilà pour faire oublier la corpulence et l'air absent.
Nous avons des raisons de croire que Îles deux portraits à l’huile, naguère conservés dans la collection Jacques Doucet, où ils se faisaient pendant, sont ceux de M. et de M”*° Blondel d’Azincourt. Tout d’abord, ce portrait de femme nous fit songer à M”* de Villeneuve, les mains dans son manchon, du Salon de 1747. Mais la date de 1766, inscrite en haut et à droite du tableau, à côté de la signature, nous fit renoncer à cette première hypothèse. Certains détails du costume et l’âge du personnage, dans le portrait d'homme, nous amenèrent à penser qu’il s'agissait de Barthélemy-Aufgustin Blondel d’Azincourt, lieutenant-colonel c'infanterie, chevalier de Saint-Louis, intendant des Menus- Plaisirs, celui-là même qui signait au contrat de mariage de Perronneau. En effet, il porte, épinglée sur son habit, la croix de
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chevalier de Saint-Louis, la croix pattée qui rappelle par son rayonnement non plus la forme sévère des anciennes croix de Malte et des ordres croisés, mais l’une des formes de l'étoile. Il porte cette croix suivant l’habitude militaire, puisque dans la vie civile, on se contentait du joyau suspendu à un nœud de ruban bleu. Enfin, une plume blanche, la plume des lieutenantscolonels d'infanterie, ressort à la pointe du tricorne sous le bras. Ce Blondel d’Azincourt qui possédait, entre autres charges, celle de « $arde des pierreries de la couronne », était le fils du fameux Blondel de Gagny, curieux et connaisseur en dessins et coquiilages, dont Pierre Rémy, en 1770, dispersa la collection. Il avait formé iui-même, rue Notre-Dame de Nazareth, près le Temple, dans le quartier du Marais, un cabinet « très intéressant par la variété et le choix des objets ». Il s’attachait à y rassembler principalement des tableaux modernes, de belles esquisses, une très Srande quantité de dessins, « au nombre desquels, nous dit le Dictionnaire pittoresque et historique de Hébert (1), on en doit surtout remarquer près de cinq cents de Boucher. On trouve aussi, dans ce cabinet, cent-soixante pierres gravées en camée, tant égyptiennes qu'étrusques, grecques et romaines, dont presque toutes viennent des princes de Palavicini, et ont été substituées, pendant des temps infinis, dans cette illustre maison. M. Narcisse de Thoret en fit l'acquisition en 1699. C’est aux connaisseurs qu'il est réservé d’en sentir toute l'importance et le mérite. Le temps les a respectés parce que la vraie beauté n’est pas soumise à son inconstance. Des bronzes bien choisis, des porcelaines anciennes és$alement montées, du lacq de la plus $rande finesse, et une multitude infinie d’objets séduisants pour les yeux, laissent aussi dans l’imagination une sensation qui prouve incontestablement qu’il faut que l’agrément soit d’accord avec l’art, et que la perfection consiste dans leur réunion. C’est
(1) Dictionnaire pittoresque et historique de Hébert, 1766, t. 1, pp. 81-83. Ce cabinet était déjà cité par l’Almanach des Beaux-Arts de 1762, p. 200, mais sans description.
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dans la nature même que l’on peut chercher et que l’on découvre certainement ce principe. Il est facile de s’en convaincre sans sortir de ce cabinet, qui renferme des choses aussi rares que curieuses, qui sont une suite de minéraux, de cristallisations, d’agates, de pierres précieuses, de madrépores, de coraux et de coquilles dont la parfaite conservation, la beauté des formes et la richesse des couleurs sont fort au-dessus de nos idées, etc. (1).»
Ici Perronneau revient au rouge et noir, habit de velours noir, silet naccarat, tour de cou en linon blanc, jabot de dentelle, cheveux poudrés, frisés à marteau et noués en catogan ; la pose est familière, une main passée dans le gilet, le visage resardant de face, le corps de profil, une demi-fisure. Le portrait de M”° Blondel d’Azincourt est d’un arran$ement plus original : elle est prête à sortir ; elle a mis sa cornette de dentelle lésèrement saufrée, dont la passe de ruban se noue en papillon sur la « physionomie » ; le fichu palatine en $aze dont les larges raies satinées se détachent sur un fond mat ; la pelisse de soie bleue mouchetée de noir, doublée de petit gris et $sarnie d’un coqueluchon, qui se rabat dans le dos et qui protésera la trame nuageuse de la dentelle ; le nœud qui sert d’agrafe ; le passe-caille, ruban qui maintient à la hauteur de la taille le manchon de queues de martre, où s'engagent les mains $antées de mitaines blanches : le manchon si $rand qu'une petite chienne $redine, aux oreilles longues, à queue soyeuse, aux pattes srêles, un de ces chiensmanchons qu’on vend rue du Bac, peut s’y blottir.
Si nous en étions réduits au seul livret du Salon, nous ne sau-
rions rien ou presque rien sur l’année 1767. Comment énumérer « plusieurs portraits sous le même numéro » ? Les critiques, qu’on
avait voulu contraindre à signer leurs observations, s’abstiennent
(1) Cf. aussi la Conchyologie de Dargenville, édition de 1780, t. I, p. 247; l’Almanach des Artistes, de 1776, p. 200. — La vente Blondel d’Azincourt eut lieu en 1783.
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MESTRE HA Pastel. Salon de 1763.