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Robais. Propriétaires d’une fabrique de draps fins fondée sous Louis XIV, leur dignité les désignait à héberger les princes de passage en leur ville: « En l’année 1741, dit un manuscrit du XVIII’ siècle (1), le 3 juillet, est arrivé en cette ville M. le Duc de Bourbon, duc de Chartres, fils de M. le duc d'Orléans. On lui a fait une entrée digne de sa naissance ; toute la bour$geoisie était sous les armes en double haïe, depuis la porte Marcadée, par où il est entré, revenant de faire son tour de Flandre, jusqu’à la porte d’Auquet (sic) ayant passé le long de la chaussée et traversé la place de Saint-Pierre et celle de Saint-Georges, ainsi continué par la chaussée d’Auquet, jusque chez MM. de Van Robaïis où il a été deux jours entiers. » Les van Robais, comme Hogguer d’Amsterdam, aïmaient et encourageaient les arts. À plusieurs reprises, dans ses lettres à Desfriches, Perronneau parle de leur hospitalité. Est-ce par eux qu’il a connu les Hogguer d'Amsterdam et qu'il a été introduit dans le cercle hollandais ? Ou, au contraire, est-ce par les Hogguer qu'il a été présenté à la famille van Robais? Il y a un évident trait d'union entre ceci et cela. En effet, en 1745, M*° Marie-Anne van Robais, fille de Samuël, épouse Daniel Hogguer, dont l’aïeul avait été banquier à Paris et dont le père avait encore des intérêts importants en France. Elle mourut jeune, et Daniel Hogguer, dont il a été question précédemment, épousa, en 1751, Henriette de Mauclerc. Plus tard, en 1771, son fils, Jean-Jacques, banquier à Paris, épousa, à Harlem, Madeleine-Sophie van Robais, née à Abbeville en 1756 et fille de Josse Abraham. Toujours d’après les documents fournis avec tant d’obliseance par M. Staring, nous savons qu'en 1773 Daniel Hogguer était nommé ministre plénipotentiaire des Etats $énéraux près le Kreits de la Basse-Saxonie et les villes hanséatiques à Hambours£.
(1) Notes sur l’histoire d’Abbeville, 1657-1764, tirées d’un manuscrit du XVII siècle publiées par le comte Le Clerc de Bussy. Amiens, 1876.
Suivant l'opinion de M. Staring, basée sur l'âge des modèles
de Perronneau, il faut dater de 1767 ou de 1768 trois pastels qui appartiennent à la famille van Weede de Dijkveld, à Utrecht. Willem Straalman, seisneur de Ruwiel (1723-1799) demeuraïit à Amsterdam; il est représenté en buste, dans un ovale de pierre, tourné de trois quarts vers la $auche, vêtu d’un habit et d’un gilet de velours rose et d’une cravate de dentelle, les cheveux poudrés, relevés sur les tempes et noués en catogan (pl. 31). Sa femme, Cornelia van Meeckeren ou Mekeren (1722-1783), est montrée en buste ésalement, tournée de trois quarts vers la droite, vêtue d’une robe de soie bleue, d’une écharpe grise, avec un nœud du « parfait contentement », une dentelle modestie sur un décolleté immodeste, où triomphe un collier de perles( pl. 31). Leur fille, Cornelia Straalman (1751-1832) nous apparaît à j'âge de dix-sept ou dix-huit ans, de face, en buste dans un ovale de pierre, le visage incliné d’une façon tendre qui contraste avec la risidité de sa mère (pl. 32) ; elle est vêtue d’une robe de soie jaune avec un nœud rose et une écharpe s’entr'ouvrant sur le décolleté que pare un collier de perles; Cornelia Straalman
devait par son mariage, en 1768, devenir M" van Weede de Dijkveld.
De l’année 1768, l’exposition de Cent Pastels nous a donné deux témoignages. Le portrait d'homme qui appartient à Madame Feilows nous présente une demi-fisure vue de face, une physionomie volontaire, un accord entre l’habit de velours acier à reflets bleu et le fond ambré. Le portrait de M*° Perpétue- Félicité Desfriches, la fille d’Aisgnan-Thomas Desfriches, née à Orléans le 30 avril 1745, épouse en 1777 de Jean Cadet de Limay, alors in$énieur en chef des Ponts et Chaussées à Tours, morte à Orléans en 1834, porte la même date et complète di$nement la famille orléanaise. Des tons tendres, heureux ; la palatine en
réseau soyeux, garnie de cannetilles satinées et de « blondes »,
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