‹ J.B. Perronneau (1715-1783) sa vie et son œuvre 1923Chapitre 43 sur 107 · I QU · texte numérisé non relu

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En mars 1774, on lit dans les Dialogues sur la peinture de 1774 Renou: Dialogue IV — Sur M. Perronneau — une appréciation sur les œuvres du peintre, conçue en des termes absolument identiques à celle du Dialogue entre M. Rémi et M. Fabretti cité à l’année 1773.

Peut-être le portrait d'homme, au pastel, qui a passé successive- 1775 ment de la collection Thomas Agnew à la Galerie Bachstitz de La Haye, et à la maison Artaria et C* de Vienne(1) a-t-il été exécuté, lui aussi, en Angleterre ? Il porte, à côté de la sisnature, la date de 1775. Et c’est une œuvre charmante : le toupet en « vergette », les ailes frisées, les cheveux lésèrement poudrés et noués en catosan par un large ruban noir, voilà pour accompagner l’expression volontaire, un peu dure, du visage. Le peintre ajoute à cette lumière celle du tour de cou en linon blanc ; il a$rémente l’habit bleu barbeau de fausses boutonnières que simulent des $alons d’or retenus chacun par un $ros bouton; il entr’ouvre le gilet en soie pékinée jaune et blanc, pour laisser passer un jabot de tulle brodé; il glisse sous le bras du personnage, pour lui donner un maintien, un tricorne $alonné d’or dont le bord se trouve naturellement verseté par la $anse que retient une olive. Quoiqu'il n’ait pas exposé au Salon de 1775, nous relevons dans les Mémoires de Bachaumont (2), continués par Pidansat de Mairobert, un passage qui peut donner une indication sur l’opinion publique : « Quant au peintre, M. Robin, on lui trouve la touche dans le $enre de M. Perronneau, c’est-à-dire grave et pesante, propre à sillonner un front de rides, à rendre les physionomies dures, maussades et rembrunies. »

(1) Exposition de Cent Pastels, 1908, n° 70. Ce pastel a figuré à la vente Rougier (Galerie Georges Petit, mai 1904, repr. dans le catalogue.) A la Galerie Baschstitz (voir l'annonce avec image dans le Connoisseur de mai 1921), le portrait fut donné, on ne sait à quel titre, comme étant le portrait de M. de Billy.

(2) Lettre I sur le Salon de 1775.

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Perronneau réapparaissait au Salon de 1777 avec un portrait ovale, peint à l’huile, de M. Coquebert de Montbret, consul général dans le Cercle de la Basse-Saxe, sur lequel les mêmes Mémoires (i) apportent un semblant d’éclaircissement: « Je vous parlerai encore du Portrait de M. Coquebert de Montbret, Consul $énéral dans le Cercle de Basse-Saxe, moins à raison du Peintre M. Perronneau, dont la manière dure est en $énéral peu estimée mais à raison du personnage qui, déjà Membre du Corps diplomatique depuis plusieurs années, se trouve initié aux mystères de la politique dans un â$e où l’on n’en soupçonne pas encore l’existence, et fournissoit ainsi un sujet plus analogue au pinceau de l’Artiste. Celui-ci, en vieillissant la figure du jeune homme a du moins caractérisé son $énie précoce et sa prudence déjà consommée. » Un passage des Affiches, annonces et avis divers (2) laisse à supposer que ce ne fut pas le seul envoi de l'artiste: « On voit aussi cette année les productions de M. Perronneau qui a mérité de la distinction dans le portrait au pastel. »

M. Pierre Decourcelle possédait un portrait d'homme, signé et daté de 1778. L’exécution de Perronneau se montre souple comme à l'habitude dans le jabot de dentelle, l’habit violet pâle, l'accord parfait du costume clématite et du fond vert. Le $este du personnage qui semble montrer, tant il le tient en évidence, un porte-fusain, le carton à dessin en cuir truité avec un ruban vert flottant, le décolleté familier aux artistes, tout indique un peintre.

La même année, nous l’avons vu, Perronneau voyage en Hollande. Il y exécute la réplique que nous avons sisnalée du portrait de Jacob Boreel, le père. datée de 1778 et conservée au château de Westerhout, et les portraits de Joachim Rendorp

(1) Lettre II sur le Salon de 1777.

(2) 17 septembre 1777.

de Marquette et de sa femme Wilhelmina Hillesonda Schuyt. Ces deux portraits, peints à l’huile, appartiennent à M”° Gevers de Marquette, au château de Marquette (1). Joachim Rendorp de Marquette (1728-1792), plusieurs fois élu bour$mestre d’Amsterdam, est vu de trois quarts vers la sauche, dans un ovale de pierre, les cheveux poudrés, noués en catogan ; il porte un tour de cou en linon blanc et un jabot de dentelle ; la main droite, sortant d’une engfageante de dentelle, est passée dans le gilet. La peinture est sisnée « par J. B. Perronneau en 1778 » et porte de plus l'inscription peinte « Joachim Rendorp ond 50 Jaaren (âsé de 50 ans) ». Le portrait de M”° Rendorp (1728-1802), n'est pas signé ; elle est représentée de trois quarts, tournée de sSauche à droite, dans un ovale de pierre; elle porte un collier de perles ; le corsage décolleté est orné d’un nœud « le parfait contentement » que surmonte une modestie; une écharpe de $aze passe sur les épaules. Les dimensions de ces deux portraits, dont l’état de conservation laisse à désirer, sont de 1"03 x 0"92. N'est-ce pas à ce séjour de 1778 qu'il faut attribuer les deux peintures (2) qui appartiennent au jonkheer J. van Weede van Dikveld? Aïbert Schuyt (1722-1791), d'Amsterdam, est fisuré en buste, dans un ovale de pierre, tourné de trois quarts vers la droite, vêtu d’un habit et d’un gilet de soie bleu foncé sur lesquels tranche un tour de cou blanc. Le visage qui regarde de face, avec des yeux durs sous des sourcils très marqués, est pincé dans une physionomie qui concorde avec la rigidité de l’attitude( pl.39). Albert Schuvyt était le frère de M”° Rendorp de Marquette et il possédait une propriété appelée Jagerslust, à Heemskerk, tout près du château de Marquette (3). Sa femme Johanna Cornelia

(1) Ce château s’est appelé château de Heemskerk, nom de la localité dont il dépend, jusqu’en 1612, époque à laquelle Daniel de Ilertaing, seigneur de Marquette, lieutenantgénéral de cavalerie au service des Etats-Généraux, possesseur de ce fief, obtint le changement du nom de Heemskerk en celui de Marquette, en mémoire de la seigneurie de ce nom aux Pays-Bas méridionaux, qu’il avait vendue. (Renseignements fournis par M. Staring.)

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