‹ J.B. Perronneau (1715-1783) sa vie et son œuvre 1923Chapitre 48 sur 107 · AUN · texte numérisé non relu

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après sa mort, à des œuvres de bienfaisance ou à l'édification des fortunes. Ainsi, on voyait deux de ses pastels, un portrait de femme et celui du comte de Bastard, à l’exposition organisée au Palais de la Présidence du corps législatif, en 1874, « au profit de la colonisation de l’Alsérie ». En 1676, à Orléans, à une « exposition rétrospective des Beaux-Arts et des Arts appliqués à l’industrie », M”° Delzons prêtait les portraits de M. et de M”° Chevotet, et M. Porcher, ceux de M. et de M°*° Pierre- Horace Demadières. La même année, l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux (1) publiait une série de questions relatives à notre peintre pastelliste, entre autres quelques renseignements pris aux archives de l’ancienne Académie.

En février 1879, à la vente Laperlier, on adjugeait 3,200 francs le portrait de Gillequin ; quelques mois plus tard, en mai et en juin, M. de Goncourt envoyait à l'exposition des dessins anciens, à l'Ecole des Beaux-Arts, le portrait de Vaudurant. Philippe de Chennevières écrivait à ce propos: « Perronneau, avec le portrait de M. de Goyon de Vaudurant, sous-souverneur de Bretagne, acquis par MM. de Goncourt à la vente Aussant, beau pastel d’une couleur intense et empâtée, rappelant les tons de l’école anglaise, fait ici bonne figure à côté de son rival. »

En 1881, à l’exposition rétrospective de Tours, on admiraïit le pastel de femme de la collection Mame et Alfred Darcel le déclarait « la merveille du $enre ». Dans le même temps, à la vente Wilson, on donnait 5,050 francs du portrait du comte de Bastard (2). En juillet 1883, Eudoxe Marcille achetaïit à Puiseaux (Loiret), pour le musée d'Orléans, le portrait à l’huile de Robert Soyer, qu'il payait 100 francs.

L'année 1884 est glorieuse: à l’exposition de l’art du XVIII

(1) 10 mai 1876.

(2) Dans une réunion des Sociétés des beaux-arts des départements, en 1882, M. Gaston Le Breton faisait une communication sur « un très beau pastel de ].-B. Lemoine, de la collection Groult ».

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siècle organisée aux galeries Georges Petit, il y avait un pastel de jeune fille, à M. Camille Groult. L’exposition des Beaux-Arts d'Orléans ne comprenait pas moins de onze pastels et peintures du maître: Desfriches et sa famille, M”° Fuet, l’ Aurore, M. et M"° Pierre-Horace Demadières, Robbé de Beauveset, M. et M” Chevotet, la jeune fille au chat qui appartenait alors à M. Huau. |

Enfin, on lit en 1884, dans les Comptes-rendus des Sociétés départementales des beaux-arts: « L'ordre du jour appelle la lecture d’un travail de M. Eudoxe Marcille, membre non résident du comité, vice-président de la réunion, sur le portrait de Robert Soyer par Perronneau. » La même année enfin, Maurice Tourneux, dans l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux, sollicitait, en faveur de ses recherches, le concours des correspondants français, hollandais et anglais, et, le 10 décembre, Alfred Darcel, dans le même journal, donnait la première indication : « M. Coquelin aîné, sociétaire de la Comédie-Française, doit posséder un portrait de vieillard qu’on dit être Jean-Baptiste Rousseau, par Perronneau. »

A l'exposition des portraits du siècle, ouverte à l’Ecole des Beaux-Arts, le 20 avril 1885, au profit de la Société Philanthropique, c'étaient deux portraits d’inconnus et le bénédictin de la collection Marcille. Le même mois, aux galeries Georges Petit, la Société des pastellistes français, voulant se mettre sous le patronage des maîtres anciens, réunissait dans une « rétrospective » les portraits de Charles Le Normant du Coudray, alors à M. Alexandre Dumas fils, du comte de Bastard, d’un $entilhomme (à M. Marmontel), de M. et de M”° Olivier, de M. et de M" Pierre-Horace Demadières, de La Tour, une tête d'homme à M. Coquelin aîné, une tête de femme à M. Eudoxe Marcille. A la vente La Béraudière, ésalement en 1885, passait un portrait de Marie Leczinska payé 5,500 francs. A cette occasion, le baron Portalis publiait dans la Gazette des Beaux-Arts, un article qui

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n’apportait aucune lumière nouvelle, mais qui insistait avec bonheur sur la valeur des œuvres de Perronneau. |

En 1896, Maurice Tourneux publiait dans la Gazette des Beaux-Arts trois articles très substantiels (1), où il résumait les études entreprises depuis plus de douze ans. A la vente de Goncourt, en février 1897, le portrait du comte de Vaudurant, sur lequel l'expert avait cru devoir formuler des réserves quant à l'attribution, ne dépassait pas l’enchère de 3,000 francs. Au mois d'avril, l'exposition des portraits de femmes et d’enfants, ouverte à l'Ecole des Beaux-Arts, $sroupait le portrait de la collection Eudoxe Marcille, ceux de M”° Dutilleu, et « d’une jeune femme en costume noir et rose tenant un loup » prêté par un amateur anonyme. |

En 1898, à la vente de M. Marmontel, professeur honoraire au Conservatoire, un portrait d'homme, au pastel, signé et daté 1770, atteignait le prix de 5,700 francs. En 1899, à la vente Mülhbacher, un pastel attribué à Perronneau n’allait pas au delà de 2,520 francs.

A la vente Mame, en avril 1904, Perronneau triomphe enfin: le portrait de femme provenant de la collection Roux est adjugé 70,000 francs et la femme endormie, de la même provenance, va jusqu'à 30,000 francs. Sisnalons à la vente Ch. P. de Meurville, en mai 1904, les portraits du marquis de Camyran et d’une jeune femme. Le même mois, à la vente de la collection de la princesse Mathilde passent deux peintures à l'huile: le portrait de Laurent Cars atteint 12,500 francs et le portrait d'un gentilhomme que la princesse Mathilde, conseillée par le marquis de Chennevières avait acheté jadis 175 francs, parvient à l’enchère fabuleuse de 110,000 francs! Voici, à la vente du comte de Bryas, le 6 février 1905, le portrait présumé de la marquise d’Anglure, adjusé 39,000 francs.

(1) Réunis en 1903 en une plaquette de 60 pages. Gazette des Beaux-Arts.

A la vente Cronier, en décembre 1905, les portraits de M. Dupéril, de Marie-Louise-Catherine-Françoise-Colette de Villers, épouse de jacques-Nicolas le Boucher de Richemont, peint en mars 1770 (10,600 francs), d’un homme (20,000 francs) et d’une femme inconnue (28,000 francs) ; dans un catalogue du 19 avril 1907, le portrait de M. E. Floret, signé et daté 1773, (4,000 francs) ; dans un catalogue du 16 avril 1907, le portrait d’un $entilhomme, signé et daté 1775 (15,000 francs) ; dans un catalogue du 8 avril 1908, un portrait de femme signé et daté 1768 (22,000 francs).

En 1908, Perronneau devait atteindre à la $rande gloire de la popularité. L'exposition de Cent Pastels, or$anisée par la marquise de Ganay, au profit de la Société française de secours aux blessés militaires, et ouverte aux galeries Georges Petit du 18 mai au 17 juin, réunissait trente-trois de ses ‘pastels, presque tous indiscutables. Le 22 mai, le peintre Albert Besnard, aujourd’hui directeur de l’École nationale des Beaux-Arts, faisant au milieu de tous ces chets-d’œuvre une conférence sur le pastel au XVIII siècle (1), expliquait avec un sens très fin pourquoi Perronneau ne fut pas très bien compris de ses contemporains :

.…. Je crois, moi, que si Perronneau fut si mal compris de son temps, c est qu'il est venu trop tôt. Ici même, au milieu de cette troupe somptueuse, il fait l’effet d’un moderne égaré chez les anciens.

» Personne ne comprenaïit rien à ce qu’il voulait dire.

» Des $ens accoutumés à l’acuité d’un Latour ne pouvaient distinguer la liberté de sa couleur. J’ai dit plus haut que le public n'aimait pas à être $êné dans ses habitudes. Perronneau le sênait parce qu’il l’obligeait à regarder une chose dont personne n'avait eu jusqu'alors la révélation: la couleur. Il y avait bien eu Watteau ! Mais ce n'étaient que des fantaisies dans des paysages.

(1) Reproduite intégralement par la Grande Revue, numéro du 25 juin 1908.

Mme BRAUN

Peinture. Signée et datée 17 (A M. Knœædler)

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