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par le fait que presque jamais Perronneau, qui varie dans l'ortho- $raphe de sa signature, mais qui signe le plus souvent et en toutes lettres, ne fait précéder son nom des initiales de ses prénoms. Il n’eût pas manqué de le faire pour se distinguer d’un homonyme, s’il y avait eu confusion possible. Et cela nous amène tout naturellement à une autre question. Quelle fut la parenté artistique de Perronneau ?
Si l’on en croit le témoignage de l’abbé de Fontenay (1), qui concorde avec les registres de l’Académie Royale, il «fut d’abord instruit dans le dessin par M. Natoire; ensuite il entra chez M. Cars, dans l'intention d’être $raveur ; mais il n’étoit pas né pour l’exercice d’un art qui demande beaucoup de constance et de patience. Il quitta la gravure et peignit au pastel. Il y fit des progrès très rapides, et en peu d’années, il fut en état de mériter l'approbation des personnes de l’Art les plus éclairées. »
Charles-Joseph Natoire, né en 1700, reçu académicien le 31 décembre 1734, fut adjoint à professeur le 2 juillet 1735 et professeur le 2 juillet 1737. Dans l’œuvre gravé de Perronneau, on voit deux planches: l’Air et la Terre, gravées d’après les tableaux de Charles Natoire, peintre du roi. Peut-être même Natoire aurait-il enseigné au jeune artiste l’art du pastel qu’il pratiquait lui-même volontiers et avec succès, puisqu'à la vente de M. de Julienne, l’amateur et l'ami de Watteau, fisuraient huit de ses pastels. En tout cas, il fut professeur à l'Ecole de dessin « qui était ouverte depuis la fondation de l’Académie et qui offrait à tout venant les moyens d'étudier la peinture et la sculpture ». Il existe aux Archives Nationales (0 1922, p. 138) un document contemporain assez piquant dans lequel les élèves de cette école (cours de l’Académie royale) « représentent à M. de Tournehem qu’il se commet des injustices journellement dans la dite Académie... », et déclarent « que MM. les professeurs prennent à tâche d’anéantir le bel ordre
(1) Affiches, annonces et avis divers ou Journal Général de France. Samedi 10 janvier 1784.
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qui s’y est toujours observé, et notamment sous M. de Boulogne ». Et, dans l’exposé des faits, il est dit: « MM. Natoire et Pierre sont les seuls qui font des élèves ; mais le premier fait tort aux élèves. »
Suivant les témoignages de Basan, Huber et Rost, de Nañgler, et de l’Académie Royale elle-même, en dépit du silence de Heinecken, son second maître semble avoir été Laurent Cars, né à Lyon en 1699, fils de Jean-François Cars, qui s'était établi comme graveur et comme marchand de planches pour thèses et pour paroissiens, au bas de la rue Saint-Jacques.
Perronneau a exécuté à deux reprises, au pastel et à l'huile, le portrait de ce Laurent Cars, qui signera en qualité de témoin à son contrat de mariage, le 3 novembre 1754.
Perronneau débutait donc dans la bonne tradition académique et apprenait son métier chez des artistes qui le tenaient euxmêmes des élèves de Nanteuil. Il coudoyait peut-être devant le modèle, sous l’œ:il de Bouchardon, Aveline, Joullain et d’autres. Nous ne pouvons savoir s’il suivit les cours de i’ Académie Royale, puisqu'on ne possède les registres d'inscription des élèves qu’à partir de l’année 1758.
On a recherché si Drouais le père, qui pratiquait beaucoup le pastel, n'avait pu être le maître de Perronneau. Le fait que celui-ci ait exposé son portrait au Salon du Louvre ne prouve rien. À ce compte, Cochin, Vernet, Oudry, Adam l'aîné lui auraient enseigné leur art. Perronneau, muni d’un solide rudiment appris soit au cours de l’Académie, professé par Natoire, soit dans l'atelier de Cars, a dû, comme tant d’artistes, se faire une personnalité au sortir de l’école, puis se laisser influencer par les conversations et surtout par la vue des œuvres d’un artiste différent, en certains côtés, des autres peintres de l’école française contemporaine, Largillierre, le maître d'Oudry, Larsillierre qui a développé dans deux conférences ses idées sur la couleur, Largillierre si accueillant aux artistes, si $Sénéreux de