‹ J.B. Perronneau (1715-1783) sa vie et son œuvre 1923Chapitre 6 sur 107 · PETITE FILLE TENANT UN CHAT · texte numérisé non relu

PETITE FILLE TENANT UN CHAT

Pastel. Signé et daté 1745.

(Galerie nationale de Londres)

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conseils, et dont la bonté trouve un écho attendri dans les mémoires de Wille. Perronneau a vécu dans l'intimité d’'Oudry dont il a exécuté le portrait; peut-être, par lui, a-t-il connu Largillierre ; la comparaison de leurs œuvres, nous le verrons plus loin, fixera plus sûrement cette parenté du talent que les documents d’archives, si incertains en ce qui concerne les deux artistes.

Le catalogue de l’œuvre gravé de Perronneau est composé de planches qui ont toutes été exécutées avant 1744. Il semble bien que, parmi elles, les plus anciennes soient celles qu'il a $ravées d’après François Boucher ou d’après Natoire. Boucher, à ses débuts, gagnait sa vie à des images de piété, tandis qu Oudry et Carle Van Loo, pour ne pas mourir de faim, fournissaient à bon compte, l’un des rébus, l’autre des décorations d'opéra et de petits portraits. C’est ainsi que Boucher exécutait, pour un bréviaire de Paris, des projets d’estampes avec les vues de Ia ville, accompagnées chacune d’une Vertu, que les jansénistes appelèrent : l'Espérance et le Louvre, la Charité et le Pont-Neuf, la Foi et les Invalides, la Religion et Notre-Dame. À ce travail qu’il donnait au père de Laurent Cars, Boucher gagnait la table, le losement et soixante livres par mois « qu’il estimait pour lors, dit Mariette, être une fortune ». Ne peut-on considérer ce chiffre comme une indication sur la condition matérielle de Perronneau, qui a travaillé probablement dans le même atelier ? On trouve, en effet, dans le catalogue de son œuvre gravé, d’après Boucher : Le Serviteur d'Abraham auprès de Rebecca, Un Magicien chinois et Responderuntque Laban, dont Laurent Cars gravait le pendant Primitia martirum Sociétatis Jesu in Ecclesia Japonica.

De la même époque semblent datés les deux pendants, l’Air et la Terre, exécutés en ovale d’après les tableaux de Charles Natoire, peintre du roi, du cabinet de M. du Fort, par J::6:Perronneau, qu’on vendait à Paris, chez Huquier, rue Saint-Jacques,

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au coin de la rue des Mathurins, avec privilèse du roi (1). Sans parler de la composition, qui ressort de la banalité officielle et dont Perronneau n’est pas responsable, le travail au burin ne décèle aucune originalité — le moyen d’être original après Nanteuil et Edelinck ! — mais ne manque pas de souplesse ni de variété, avec des accentuations d’eau-forte qui donnent à certaines ombres plus de profondeur, d'onctuosité et assignent aux valeurs claires toute leur importance.

Il collaborait enfin à deux suites d’estampes, publiées l’une et l’autre à Paris, chez Huquier, rue Saint-Jacques, au coin de la rue des Mathurins, avec privilèse du Roi, 1738, sous le titre suivant : Livre de diverses figures d’académies dessinées d’après le naturel, par Edme Bouchardon, sculpteur du Roi. On lit la signature de J.-B. Perronneau, dans la première suite, sous le trait carré du titre, inscrit sur une draperie, au bas de la planche IV, qui représente un homme nu, à terre, auprès d’une urne, et dans la seconde suite, au bas de la planche VII, où l’on voit un homme de dos, assis sur un rocher. Les premiers essais nous montrent un Perronneau académique, voué à l’allégorie, mais puisant aussi dans les belles planches du XVII‘ siècle que renfermait sans aucun doute la boutique de Cars le père, dans la compagnie de Boucher, dans l’enseignement d’un Laurent Cars, d’un Bouchardon, d’un Natoire, futur directeur de l’Académie de France à Rome, la tradition pure de l’ancienne Académie, la science du modelé, la conviction qu’on n’établit pas un projet, un « dessein » par un trait facile, maïs avant tout par la distribution des masses lumineuses et sombres. Ces figures d’académie dont les dessins préparatoires ont dû passer dans la collecde Desfriches (2), montrent en lui, non un artiste improvisé, mais

(1) Cabinet des Estampes. Œuvre de Natoire. Db. 26. (2) On relève en effet dans un inventaire de cette collection, du 29 juillet 1752, dix études, têtes d’enfants ou académies, de Perronneau.

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