Hubert Drouais. — Pastel. — Salon de 1746. N
8. — Le Petit Desnoyel tenant une poule huppée. — Pastel. — Salon de 1 746. N° 149. — Ce pastel, vu par M. Doucet il y a quelques années chez l'expert Féral, est complètement abîmé.
9. — Jeune écolier, frère de l'auteur, tenant un livre. — Peinture. — Salon de 1746. N° 150.
10. — Gillequin. — Peinture. — H. 0,62. — L. 0,53. — A M.Léon Michel-Lëvy. — Modelé de gauche à droite, il est vu à mi-corps, tourné de trois-quarts vers la gauche, la perruque poudrée retenue par le nœud noir du catogan, en habit gris, cravaté d'un tour de cou de linon blanc avec jabot de »marli« blanc. Le visage apparaît avec beaucoup de caractère, les yeux gris bleu au regard pénétrant, le nez puissant, le maxillaire inférieur avançant un peu, avec un double menton. Il tient son tricorne sous le bras gauche. Fond vert. — Derrière la toile est collée la note suivante: »Ce tableau est le portrait du sr. Gillequin, peintre, et amy du chevalier Arnoud qui le fit son héritier et est peint par Perronneau, environ l'an 1750. Gillequin fixa son séjour à Angers. Je l'alois voir à un passage en cette ville. En 1754, je le trouvay à l'extrémité d'une Goutte remontée; il me pria d'accepter son portrait prévoyant bien qu'il n'iroit pas loing. En effet, 2 jours après, il mourut. La présentte notte faitte à Orléans le 4 Septembre 1768. Signé: »Desfriches«. — Dans un inventaire des tableaux de son cabinet, du 3 Septembre 1760, Desfriches mentionne et estime ainsi ce portrait: »N° 5. Le portrait de Gillequin par Peronneau, présent qui m'a esté fait, (la bordure 121) 30 ' « Dans un autre inventaire du 28 Juin 1774, il porte son estimation de 30 à 72 livres. — Salon de 1746. N° 148. — Vente Laperlier, 1879 (3200 Frs.). — Ce portrait fut acheté 2 500 Frs. par le baron de Beurnonville, et adjugé à sa vente, en 1881, 2050 Frs., à M. Léon Michel-Lévy. — On ignore à peu près tout de la vie et des œuvres de Gillequin. Il naquit vers 1695 et mourut vers 1754. Pl. 7.
1747 11. — Portrait d'enfant. — Pastel. — H. 0,43. — L. 0,35. — Signé dans le bas, à
droite: Perroneau. — A Madame X Modelé de gauche à droite, c'est un enfant au minois
éveillé et fûté, aux yeux bleus, vifs et spirituels, aux cheveux frisants, un peu ébouriffés, à la bouche entr'ouverte. Son corps est tourné vers la droite, sa tête est un peu penchée vers la gauche; il est vêtu d'un habit bleu violacé à gros boutons et d'un gilet
bleu boutonné et montant. Fond bleu. — Il s'agit probablement du jeune Le Moyne, âgé de 5 ans, fils aîné du sculpteur, né à Paris, le 17 Août 1742, mort à Port-au-Prince le 14 Mars 1781, conseiller du roi, sénéchal, juge civil, criminel et de police, et lieutenant de l'amirauté à Port-au-Prince. — Au dos du pastel, on lit de l'écriture du temps: »Ce pastel a été fixé par Loriot«. — Salon du Louvre 1747. N° 125. — Exposition rétrospective des pastellistes français 1885. N° 75. — Dans le recueil des portraits français (cabinet des estampes) on remarque une gravure représentant ce même Jean-Baptiste-Antoine Le Moyne, plus âgé, d'après Louis Vigée. Pl. 18.
12. — Portrait d'enfant. — Pastel. — H. 0,40. — L. 0,32. — Signé en bas à droite: Perronneau pinx. 1747. — A M. Albert Lehmann. — Les cheveux châtains et ébouriffés, les yeux bruns, un double menton; l'expression est un peu boudeuse. Il est vêtu d'une veste en velours vert pâle ou céladon, avec un gilet semé de fleurettes roses. Fond bleu. — Portrait présumé d'un fils de Le Moyne, sculpteur du roi. — Exposition de Cent Pastels 1908. N° 86. Pl. 50.
13. — Huquier. — Pastel. — H. 0,62. — L. 0,52. — Signé au milieu, à gauche: Perroneau, en 1747, Février. — A M. André Lazard. — Il est vu de trois quarts, tourné vers la droite, la perruque »moutonne«, poudrée, les sourcils épais, les yeux gris bleu, le teint clair, la physionomie sévère et intelligente. Il porte un habit et un gilet de nuance »tourterelle«, laissant passer dans leur ouverture un double jabot de linon blanc festonné, attaché au tour de cou de linon. De gros boutons d'étoffe, ton sur ton, garnissent les deux vêtements. Sous le bras gauche, il tient son tricorne noir à reflets bleus. Fond vert. — Il s'agit de Jacques-Gabriel Huquier, dessinateur et graveur, né à Orléans en 1695, établi à Paris comme marchand d'estampes; il dessina des ornements dans le goût chinois et grava à l'eau-forte d'après Boucher, Gillot, Watteau et d'autres maîtres français. Il avait réuni une nombreuse collection de dessins et d'estampes qu'il ouvrait certains jours de la semaine aux artistes et aux amateurs. Il mourut en Angleterre en 1 772. — Salon de 1747. NL.127. — Exposition de Cent Pastels 1908. N° 85. Pl. 58.
14. — Le comte de Bastard. — Pastel. — H. 0,67. — L. 0,56. — Signé dans le fond, à gauche: Perronneau pinx., nobre 1747. — A M.Jacques Doucet. — En buste, de grandeur naturelle, la tête tournée vers la gauche, il porte une perruque poudrée, environnée de frisures et dite »de procureurs Ses yeux sont bleus, malicieux, sa bouche est entrouverte, le nez est grand, long, le visage rose, frais et gras, avec son double menton. Il est en habit de velours taupe, d'un ton d'acier noirci avec des reflets d'argent; son gilet s'entrouvre sur un jabot de guipure attaché à un tour de cou de linon blanc. Sous son bras gauche il tient son tricorne. — Probablement Dominique de Bastard, jurisconsulte français, né à Toulouse en 1683, mort en 1777. Devenu doyen du Parlement de Toulouse, il rédigea avec talent de nombreux rapports, notamment celui qui concerne les propositions de l'église gallicane. Membre du conseil du roi en 1 774. — Exposition pour les Alsaciens -Lorrains, 1874. N° 964. — Vente Wilson (1881) N° 20. — Exposition rétrospective des pastellistes français (1885) N° 72. — Exposition de Cent Pastels (1908). N° 79. Pl. 73.
15. — Le fils de M. Huquier tenant un lapin. — Salon de 1747. N° 129 bis.
16. — Madame de Villeneuve d'Orléans, tenant les mains dans son manchon. — Peinture. — Salon de 1747. N° 128. — Il existait alors un marquis de Villeneuve, noble de Provence.
17. — Mademoiselle Huquier tenant un petit chat. — Pastel. — H. 0,47. — L. 0,38. — Signé en haut, à droite: Perronneau pinx. Octbre 1747. — Musée du Louvre. — Eclairée de gauche à droite, elle est vue en buste, tournée de trois quarts vers la gauche, presque de profil. Sur une coiffure basse à boucles frisées, une plume blanche
dite »follette« et une plume bleue sont piquées dans ses cheveux poudrés. Elle a les yeux bruns, le nez fin, la bouche petite et souriante, la physionomie spirituelle et très gracieuse. Elle porte des boucles d'oreille; autour du cou, un ruban bleu se noue en de jolies coques sur une double collerette de dentelle. Le corsage bleu, agrémenté de ramages blancs, est décolleté en ovale. De la main gauche, elle tient les pattes de devant d'un petit chat gris et blanc qu'elle caresse délicatement de la main droite. Fond vert. — Il s'agit probablement de Mademoiselle Huquier, fille du graveur Huquier. — Salon de 1750. N° 138. — Acheté à l'expert Féral, le 7 Avril 1870, pour la somme de 300 Frs., par la direction du Louvre. Pl. 59.
18. — Mademoiselle Huquier tenant un petit chat. — Pastel. — Réplique du portrait du Louvre. — H. 0,45. — L. 0,34. — A M. M***. — Ce pastel dépendait de la succession de M. Huau, conservateur du musée de peinture d'Orléans qui était légataire de Huquier. En 1905, il passait à l'hôtel des ventes, ainsi catalogué: »N° 299. Portrait de Mademoiselle Huquier représentée en buste, le visage souriant, tournée de trois quarts à gauche, tenant un petit chat dont elle tire l'oreille; les cheveux blonds bouclés sur les tempes et ornés de plumes blanches et bleues; elle porte un corsage de soie bleue décolleté et un ruban de même couleur, noué autour du cou, sur une fraise de dentelle. Cette œuvre exquise de grâce et d'esprit fut dessinée par le maître à Orléans pour son ami Huquier. Elle fut conservée dans cette ville et dans cette famille jusqu'à ce jour.«
1748 19. — M. Olivier. — Pastel. — H. 0,71. — L. 0,58. — Signé au milieu, à gauche:
Peroneau pin. 1748. — A Mme x***. — Modelé de gauche à droite. Il est vu à micorps. Sous la perruque »de procureur«, la tête apparaît avec beaucoup de caractère, les yeux bruns, le nez et la bouche volontaires; sa physionomie est sévère et intelligente. Il est vêtu d'un habit de velours prune garni d'une rangée de boutons de même tissu, et d'un gilet de satin blanc brodé et rebrodé de passementeries d'or, appelées »soucis de hannetons«. Le gilet, entr'ouvert comme l'habit, est comme lui orné de boutons qui s'assortissent aux ors soutachés; se rejoignant un peu au-dessous de la naissance du jabot en point d'Alençon, le gilet et l'habit s'entrebâillent pour montrer à nouveau le dernier chiffonnage de la fine dentelle parmi les ors. La main droite sortant d'une manchette de dentelle est posée, l'index replié sur une petite table d'un gracieux mouvement. Fond bleu rompu d'or. — Salon de 1748. N° 96. — Exposition de l'Union des Arts de Marseille, 1863. — Exposition rétrospective des pastellistes français, 1885. N° 74. — Exposition de Cent pastels 1908. N° 98. Pl. 65.
20. — Madame Olivier. — Pastel. — H. 0,71 . — L. 0,57. — Signé au milieu, à droite: Perronneau pinx. 1748. — A x***. — Elle est assise, le corps presque de face, la tête tournée de trois quarts vers la droite, coiffée d'une cornette de fine dentelle blanche, aux barbes ondulant un peu sur le front. Au point dit »physionomie« est posé un papillon de ruban; on aperçoit les cheveux poudrés et frisés en »tapé«, et l'oreille droite. Elle a les yeux gris à la prunelle noire, de longs cils, le nez un peu arqué la bouche fine, le teint rose; sa physionomie très expressive est intelligente. Elle porte au cou un collier de perles de trois rangs, taillées en olive, attaché sur la nuque par un ruban de gaze blanche. Le corsage décolleté en carré s'ouvre sur un »corps« garni et barré »d'échelons« de dentelles largement bouillonnées. La robe de »pékin« est brochée de pétales de fleurs rouges et de feuilles très vertes, courant de l'épaule à la taille; elle s'agrémente de chaque côté d'un double falbala très froncé. Son bras droit est replié, accoudé sur une petite table de marqueterie. L'avant-bras nu sort du triple chiffonnage des »engageantes« de tulle et de dentelles taillées en »éventail«, tandis
que la main, aux doigts légèrement repliés, s'appuie délicatement sur le cou, près de l'oreille, en taquinant les fils de perles. — Salon de 1748. N° 97. — Exposition de l'Union des Arts de Marseille (1863). — Exposition rétrospective des pastellistes Français (1885). N° 74. — Exposition de Cent Pastels (1908). N° 99. Pl. 66.
21. — Portrait de Femme. — Pastel. — H. 0,51. — L. 0,41. — Signé au milieu à gauche: Perroneau pinx. 1748. — A M. Mame. — Modelé de gauche à droite. — Son visage épanoui, infiniment gracieux, s'encadre dans la fine dentelle d'une cornette à barbes pendantes ondulant sur les épaules, que surmonte »un papillon« de soie bleue s'enlevant au point dit »physionomie«, au dessus des cheveux poudrés en tapé. Les yeux sont bruns, presque noirs, la bouche sensuelle; elle porte un collier de quatre rangs de perles, taillées en olive et alternant avec de toutes petites perles. Son corsage décolleté en carré est en soie vert pâle ou vert céladon, broché de fleurettes bleues; il est orné sur le devant d'un nœud bleu, le »parfait contentement«, disposé sous une modestie de dentelle. Fond jaune vert. — Il s'agit peut-être du portrait du Salon de 1750 catalogué: Madame *** en robe verte. — Vers 1850, ce pastel était chez un garde-chasse de la forêt de Valençay. M. Roux, un amateur tourangeau, vint le voir et l'acquit pour 500 Frs. — A la vente de la collection Roux, M. Alfred Mame s'en rendit acquéreur à un prix déjà assez important pour l'époque. Il resta dans la collection Mame jusqu'à sa vente qui eut lieu en avril 1904, date à laquelle il fut racheté par M. Armand Mame pour 70000 Frs., le prix, croyons-nous, le plus élevé qu'ait atteint en vente publique un pastel de Perronneau. — Exposition de Cent Pastels, 1908. Pl. 48.
22. — Portrait de Femme âgée. — Pastel. — H. 0,55. — L. 0,43. — Signé en bas à gauche: Perroneau pinx. 1748. — A Madame X***. — Modelé de gauche à droite. En buste, la tête tournée de droite à gauche. Elle est coiffée d'une fanchon de dentelle laissant voir les cheveux et le bout de l'oreille gauche. Elle regarde de face; ses yeux bruns, à la prunelle noire, sont à demi-fermés, ses lèvres sont minces, son menton double; la physionomie est vive et spirituelle. Elle est vêtue d'un habit rose tendre, avec un nœud noir autour du cou et un fichu de dentelle sur lequel est attaché une petite croix. Fond brun ambré. — Il s'agit probablement du pastel exposé au Salon de 1748, sous le N° 100: »Madame de *** en habit couleur de rose.«
23. — Portrait d'un moine bénédictin. — Peinture. — H. 0,55. — L. 0,45. — Signé et daté en haut, à droite: Perroneau 1748. — A Madame Jahan-Marcille. — Modelé de gauche à droite, la figure austère, les yeux marrons; un peu de prognatisme donne à la physionomie un air de passion et de volonté. — Fond jaune vert. — Il s'agit probablement de Dom Jourdain, plus connu sous le nom de Dom Maur, né à Poligny en 1696, mort en 1782 à Paris. — M. Marcille avait acheté cette toile 30 Frs. — Deux lignes sont écrites au-dessus du portrait. — Pl. 42.
24. — Lazare Chambroy. Le Personnage est vu à mi-corps, dans unencadrement figuré en pierres. Il est vêtu d'un simple surplis avec une croix suspendue au cou, la tête couverte d'une calotte. Le corps est posé à gauche, la figure raide, droite, regardant en face, marquée de petite vérole, la bouche entr'ouverte. — Gravé par Daullé, qui a exposé cette gravure au Salon de 1750 d'après le tableau de Perronneau ayant figuré au Salon de 1748. N° 95. Pl. 27.
25. — Mademoiselle Amédée de l'Opéra, en domino noir. — Il s'agit de Mademoiselle Amédée, danseuse surnuméraire de l'Opéra en l'année 1748. En 1748, elle est âgée d'environ 20 ans, grande et bien faite, brune, les yeux noirs et grands, la bouche belle, les sourcils peints, néanmoins jolie. — Salon de 1 748. N° 99.
26. — Le prince d'Ardore, marquis de Saint-Georges. — Signé et daté 1 748. — Il s'agit de Jaques -François Milano, prince d'Ardore, duc de Santo Paolo, marquis de
Saint- Georges, ambassadeur du roi des Deux-Siciles, qui résida à Paris de Juillet 1741 à Mai 1753.
27. — Henriette Caracciolo de Santo-Buono, femme du prince d'Ardore. — 1748? Les archives des ducs de San-Paolo renferment une quittance de Perronneau reconnaissant qu'il a reçu 241 lires et 20 soldi pour ce portrait. La mention des espèces de paiement impliquerait que le portrait fut exécuté en Italie et non en France. Il est question de la princesse dans le Journal du Duc de Luynes, lors de sa présentation au roi: »Madame d'Ardore paraît au plus avoir quarante ans; elle est bien faite, elle est brune, le visage assez agréable, le nez un peu long, elle paraît vive; elle parle peu français. «
28. — Le Page, artiste de l'Opéra. — Salon de 1748. N°98. — Au dire de Baillet de Saint-Julien, Perronneau avait fait le corps trop large, mais la tête touchée à ravir. Dans le manuscrit Amelot, on relève: Le Page cadet, basse-taille des chœurs, entré à l'Opéra en 1 741 , aux appointements de 600 Livres, augmenté de cent livres à Pâques en 1 750. En 1752, cent livres d'augmentation. — Ce Le Page était le frère de Joseph Le Page qui quitta l'Opéra, en 1764. Quant à François Le Page, il était né à Joinville (Haute Marne) le 27 Février 1709. Il remplit non sans talent l'emploi de basse-taille à l'Opéra, quitta le théâtre en 1752 avec une rente de mille livres; il mourut peu après en 1780.
29. — Mademoiselle Delépée la jeune ou la cadette »en habit de couleur rose«. Salon de 1748. N° 100.
1 749 30. — Portrait de Dame de Sorquainville. — Peinture. — H. 1 m. — L. 0,80. —
Signé en haut, à gauche: Perronneau, 1749. — On lit au dos sur le châssis: »Dame de Sorquainville. « — A M. David Weill. — Modelé de gauche à droite. — Elle est assise sur un large fauteuil de bois sculpté, au dossier de velours vert, le corps tourné vers la droite, la tête presque de face. Ses cheveux poudrés sont coiffés d'une légère cornette de dentelle, pointant sur le front à l'endroit où la physionomie se rehausse des papillons bleus. Le visage est très gracieux avec ses pommettes roses, ses lèvres sensuelles, sur lesquelles se dessine un sourire; les yeux bruns foncés, d'une étrange vivacité sont éclairés de lumière. Le tour de cou de velours noir met en valeur l'ovale délicat de ce charmant visage. Elle est vêtue d'une robe très ample, ajustée au corsage, mais laissée flottante au dos et sur les côtés, de nuance »feuille morte«; la moire de cette »robe volante« couvre ses grands pans, falbalassés d'un double bouillonné sur un tablier de moire bleu ciel que surmonte le »parfait contentement« de même ton. Les manches courtes, ouvertes en éventail, sont garnies des triples engageantes de linon blanc festonné, et protégées par une barrière falbalassée ornée à la saignée de son nœud. Le bras gauche s'appuie naturellement sur un coussin de velours vert à glands d'or, reposant sur le marbre d'une console; le poignet est orné d'un bracelet à trois rangs de perles, la main gauche porte à l'annulaire un petit cercle d'or et s'appuie avec infiniment de grâce sur la droite. Une tenture foncée, de nuance vert-bleu, tombe en larges plis sur la droite. Pl. 33.
31 . — La Tour. — Pastel. — H. 0,56. — L.0,48. — NL128. — Musée de Saint-Quentin. »C'est un La Tour en surtout noir, en gilet de brocart rose galonné d'or, la main passée dans le jabot de dentelle, un très beau et très fin portrait, qui malgré tout, tient aujourd'hui vaillamment sa place au musée de Saint-Quentin au milieu de tous les pastels de son grand rival. La Tour cependant semble avoir malignement posé pour ce portrait un lendemain de plaisir, relevant de fatigue; la figure encore jeune, matoise et fûtée, se laisse voir là, usée et tirée, avec le teint et la paupière rougie d'un roué.« (Goncourt, l'Art du XVIIIe siècle.) — L'habit m'a paru plutôt gris-taupe que noir. Pl. 49.
32. — Monsieur La Fontaine. — Pastel. — H. 0,72. — L. 0,64. — Signé au milieu, à 1750 droite: Perroneau, 1750. — Au marquis de Saint- Maurice Montcalm. — Il est vu presque
de face, les cheveux poudrés, les ailes frisées à marteau, les yeux bruns, le nez épanoui, la lèvre inférieure avançante, un double menton. Il porte un tour de cou de linon blanc avec jabot de fine dentelle, un habit lilas pâle, un gilet »noisette« entr'ouvert. Sa main droite, sortant d'une manchette de dentelle, est engagée dans le gilet. Sous le bras gauche, il tient son tricorne gris bleu foncé. Fond vert bleu. — Il s'agit de M. La Fontaine qui signe au contrat de mariage de Perronneau. Mariette, sur l'exemplaire de son livret, conservé au Cabinet des estampes, (collection Deloynes) a ajouté à l'encre le nom de: Fontaine, sellier du roi. — Salon de 1751. N° 79. — Exposition de Cent Pastels (1908) N° 89. Pl. 5.
33. — Madame La Fontaine. — Pastel.— H. 0,72. — L. 0,64. — Signé en bas à gauche: Perroneau 1750. — Au marquis de Saint- Maurice Montcalm. — Elle est tournée de trois quarts vers la gauche, les cheveux poudrés, arrangés en tapé, coiffée d'une cornette de dentelle gaufrée, dont les barbes ondulent jusqu'à la taille. Un papillon de soie bleue accentue le point de la physionomie. Elle a les yeux bleu foncé, le nez arqué; un ruban de velours noir, noué plusieurs fois, entoure le cou. Elle est vêtue d'un ample manteau très échancré de velours bleu saphir à reflets argentés, bordé de fourrure brune, laissant apercevoir le »corps« barré d'un bouillonné de dentelles. Les mains sont gantées de mitaines de soie blanche, surmontées d'une languette d'étoffe pouvant se rabattre à volonté; la main gauche s'appuie sur la main droite. Fond vert. — Salon de 1751. N°79. — Exposition de Cent Pastels (1908) N° 90. Pl. 6.
34. — Thiboust, imprimeur du roi. — Peinture. — Salon de 1750. N° 131.