Celuy du petit Desnoyel, tenant une Poule huppée
150. Celuy d'un jeune Écolier, frère de l'Auteur, tenant un Livre (en huile).
Nous avons écarté celui du jeune écolier, frère de l'auteur, tenant un livre, comme ne pouvant pas être le portrait d'enfant de la collection Doucet. Quant à celui du petit Desnoyel, nous ne savons pas non plus ce qu'il est devenu.1 Le N° 146, portrait de M. le marquis d'Aubail, en cuirasse, a appartenu au peintre Emile Lévy. Nous n'avons pu voir ce portrait qui avait été adjugé, lors de la première vente Laperlier en 1867, au Marquis de Beurnonville, puis cédé par lui au peintre Emile Lévy, aujourd'hui disparu.2 Par contre, nous connaissons la gravure qu'en a exécuté J. Daullé, probablement avec la collaboration de Wille. Le médaillon ovale, qui contient le personnage vu à mi-corps, couvert d'une cuirasse, tourné de gauche à droite, et modelé suivant un éclairage de droite à gauche, regardant de face et coiffé d'une perruque moutonne, repose sur un socle, où on lit de part et d'autre d'un écusson engagé, la devise suivante: «Charles de Baschi, marquis d'Aubaïs, baron du Caïla, seign. de Junas, etc. . . ., né au Ch^ de Beauvoisin le 20 Mars 1686«. Ce portrait robuste, franc, qui ne déguise rien de la rondeur un peu ironique du visage, est celui d'une personnalité curieuse du XVIÏÏL siècle. Si l'on en croit la brochure de Prosper Falgairolle,3 Charles de Baschi entra à l'âge de 18 ans dans la première compagnie des mousquetaires, fit la campagne de 1 705 puis démissionna. Il avait réuni, dans son château d'Aubaïs, une riche bibliothèque, publié une Géographie historique et fourni à Ménard les matériaux de son »Recueil de pièces fugitives pour servir à l'histoire de France «. Il mourut le 5 Mars 1777, âgé de 91 ans. La cuirasse qu'il porte ne fait-elle pas allusion à son passé militaire?
On a fait erreur en voulant reconnaître le N° 147 dans le pastel que possède M. Noël Valois. Ce portrait est bien celui d'Hubert Drouais, peintre de l'Académie, élève de De Troy, né à la Roque, dans l'Eure, reçu membre de l'Académie Royale de peinture en 1730, mort à Paris, en 1767, le père de François -Hubert Drouais et le grand-père de Jean Germain Drouais, mais non pas celui qui a figuré au Salon de 1746. En effet, on lit en bas et à gauche, la signature et la date, Perroneau, 1754, et au dos: peint par Peronot de l'Acad. Royalle de France, et enfin cette autre note: Ce portrait est celui de M. Drouais le père de M^e Lutton peint par M. Peronneaux, peintre de l'Académie Royalle de peinture et de sculpture, peint l'année 1754.
Nous en sommes réduits à un seul portrait, » Celuy de M. Gilcain, peintre (en huile) « pour apprécier l'exposition de Perronneau au Salon de 1746. A la vérité, ce
1 Ce pastel, très abîmé, a été vu il y a quelques années, par M. Jacques Doucet, chez l'expert Féral, fils.
2 Nous ignorons si M™e Veuve Emile Lévy, en littérature, Maria Korrigan possède encore le tableau.
3 Le marquis d'Aubaïs, célèbre érudit du XVIII! siècle et ses lettres autographes inédites par Prosper Falgairolle, membre de la Société française d'archéologie, de l'Académie de Nimes. (Clermontl'Hérault, Saturnin Léotard, 1887.) in-8° de 130 p.
portrait, qui fait partie de la collection Léon Michel -Lévy, pourrait encore prêter à discussion. On lit en effet, sur un papier collé au revers de la toile:
»Ce tableau est le portrait du Gillequin, peintre et amy du Chevalier Arnoud qui le fit son héritier et est peint par Perronneau, environ l'an 1750. Gillequin fixa son séjour à Angers, je lalois voir à un passages en cette ville. En 1754, je le trouvay à l'extrémité d'une Goutte remontée; il me pria d'accepter son portrait, prévoyant bien que il n'iroit pas loing. En effet, 2 jours après, il mourut. La présentte notte faitte à Orléans le 4 7!m 1768. Desfriches. Il se peut que Desfriches, qui assigne au tableau la date de 1750 se trompe. Il écrit sa note en 1768, soit 14 années après son information, et d'ailleurs, il fait précéder la date du mot environ. Dans un inventaire de son cabinet du 3 Septembre 1760, il mentionne et estime ainsi ce portrait:
5. Le portrait de Gillequin par Peronneau, présent qui m'a esté fait (la bordure douze 1.), trente L.
Dans un autre inventaire du 28 Juin 1774, il porte son estimation de trente à soixante-douze livres. La valeur marchande des Perronneau avait donc au moins doublé de 1760 à 1774! Le portrait fut acheté 2500 fcs. par le baron de Beurnonville, et adjugé à sa vente en 1881, 2050 fcs. à M. Léon Michel-Lévy. Sur la personnalité du peintre Gillequin, on ne sait rien, si-non qu'il naquit vers 1695 et mourut vers 1754. Nous avons relevé dans le livret du Salon de 1745, une tête représentant M. Gillequin peintre, par Nonnotte. L'indication du séjour de Gillequin à Angers reste précieuse et peut nous faire supposer un voyage de Perronneau dans cette ville avant l'anné e 1746. En tous cas, je ne crois pas que le mot de chef-d'œuvre soit exagéré pour exprimer la valeur de ce tableau, la première en date des peintures connues de Perronneau, et affirmer qu'il équivaut aux portraits d'Adam l'Aîné et d'Oudry qu'il devance de quelques années. Comment oublier la solidité de construction de cette figure énergique, la droiture de ce regard fixé vers l'opérateur, la différenciation nuancée des valeurs et cependant l'unité du modelé, l'accent dédaigneux de la courbe des narines, le léger pli de scepticisme de la bouche, l'exécution d'un pinceau fier, toujours promené dans le sens de la lumière et de la forme, la robuste matière qui conserve dans certaines parties, comme le tour de cou en linon et le jabot, tout le floconneux et toute la fleur du pastel. La critique ne dédaigna pas le premier salon de Perronneau. Lafont de Saint -Yenne1, après avoir marqué la vogue du pastel, son infériorité par rapport à la peinture proprement dite ajoute: »Je viens aux Pastels, espèce de Peinture excessivement à la mode, et à laquelle le sieur La Tour a donné une vogue et un crédit qui semble ne pouvoir pas augmenter, par les prodiges qu'il a enfanté en ce genre. Il est vrai qu'il a fait une foule de misérables imitateurs. Tout le monde a mis ces craïons de couleur à la main: il en est de même chez nous de tout ce qui est de mode, le Public l'adopte avec fureur. Combien l'inimitable Vatteau a fait de mauvais singes dans son tems! . . . J'aurois bien des choses à dire en faveur des Pastels des sieurs Drouais, Loir, Peronneau . . . mais ce seroit répéter une partie des louanges que je viens de donner aux talens de leurs confrères et que je n'ai point l'art de savoir varier.« 1747 La participation de Perronneau au Salon de 1747 ne fut pas moins remarquable.
On lit en effet dans le livret de cette année:
1 25. Un portrait au Pastel du fils de M. le Moyne, Sculpteur ordinaire du Roy, âgé de cinq ans.
1 Réflexions sur quelques causes de l'état présent de la peinture en France avec un examen des principaux ouvrages exposés au Louvre le mois d'Août 1746. M.DCCXLVII.
126. Autre représentant M*** en habit de bal. — (Une autre édition porte: N?=126. Autre représentant M*** en Domino.)