D'APRÈS LA GRAVURE DE SURUGUI
D TT TS TRS EP ms
RE
re
Je reviens aux peintres de genre. C'est eux qui nous fournissent plus d'exemples de la bonne couleur; comme ils sont obligés de donner à leurs morceaux tout le mérite du vrai que l’on exige indispensablement, ils en font une étude particulière, et deviennent par là plus grands coloristes. Malgré toute la vogue de la couleur de M. Vanloo, M. Chardin a été constamment applaudi près de lui. Cet ami de la vérité n’a point à craindre les caprices de la mode, ses tableaux conserveront toujours leur mérite, tant que les êtres qu'il a peints existeront, et il est à croire qu'ils vivront longtemps. On a placé sur la même ligne, comme pour faciliter la comparaison de ce peintre avec M. Greuze, qui a tant fait de bruit le Salon précédent, les ouvrages de l’un et de l’autre. Ils gagnent et perdent tour à tour. Si on considère la couleur, M. Chardin est supérieur. Ses tableaux sont argentins et vigoureux, tous ses objets se mirent les uns dans les autres, et il en résulte une transparence de couleur qui vivifie tout ce que touche son pinceau. Ses effets sont décidés; on entre facilement dans les lieux qu'il représente. M. Greuze est assurément un coloriste; mais pour donner de l'effet et du relief, il prodigue trop les tons noirs; au lieu que M. Chardin semble les ôter partout. Je crois deviner la cause de ces noirs. M. Greuze ne rassemble pas apparemment, et ne groupe pas ensemble ses modèles sous ses yeux; il ne voit point cette participation de tons des corps lesuns sur les autres ; il prend séparément ce qu'il veut peindre; on trouve à la vérité dans chaque objet les détails les plus satisfaisants, mais qui, considérés avec le tout ne sont point d'accord et ne peignent point l'air et la lumière. A considérer ces deux maîtres du côté du génie, M. Greuze paroit avoir plus de fougue, et un goût qui tient plus à la grande forme, il nous prouve que
Le style le moins noble a pourtant sa noblesse :
mais il n’a pas toujours l’ingénuité de M. Chardin. Il a généralement plus de sureté de dessein, plus d'expression que lui, ce qui est un avantage considérable, heureux s'il peut y joindre la magie de ses tons; car il doit le regarder encore comme son maître dans cette partie.
Extraits des observations sur la physique et les arts. Lettre à l’auteur, p. 15 et 16. L’exemplaire de la collection Deloynes porte p. 75, sous le titre, cette note manuscrite : On a attribué cette lettre à M. Renou, secrétaire de l'Académie de peinture et de sculpture.
32. — Un tableau d'environ six pieds représentant des fruits et des animaux.
33. — Deux tableaux dont l’un représente les préparatifs de quelque mets sur une table de cuisine, et l’autre, une partie de dessert sur une table d’office. Ils sont tirés du cabinet de l'École française de M. de La Live.
34. — Une femme qui écure. Tiré du cabinet de M. le comte de Vence.
35. — Portrait en médaillon de M. Louis, professeur et censeur royal de Chirurgie.
36. — Un tableau d'une pièce de gibier avec une gibecière et une poire à poudre. Tiré du cabinet de M. de Damery.
Un grand tableau de M. Chardin représentant des fruits et des animaux, est un morceau facilement peint, d’une touche large, d’une grande manière, d’une belle couleur et d’un effet étonnant. Il y a plusieurs autres ouvrages du même auteur. Ils sont tous d’une grande vérité et d’un détail agréable. On a déjà donné bien des éloges à M.Chardin, les nôtres ne peuvent rien ajouter à une réputation aussi grande, aussi générale et aussi bien méritée que la sienne.
Mercure de France, octobre 1757.
Onestinfiniment satisfait des tableaux du célèbre M. Chardin; ce ne sont point les couleurs qu'on voit sur la palette des peintres, ce sont des tons et des teintes vrais; enfin c'est la nature elle-même et toute l'harmonie qu’elle présente.
Année littéraire, lettre XV, 1757, p. 347.
35. — Un tableau, d'environ sept pieds de haut sur quatre pieds de large, représentant un retour de Chasse.
Il appartient à M. le comte de Luc.
36. — Deux tableaux de deux pieds et demi sur deux pieds de large, représentant des pièces de Gibier avec un fourniment et une Gibeciére.
Ils appartiennent à M. Trouard, architecte.
31. — Deux tableaux de Fruits, de un pied et demi de large sur treize pouces de haut.
Ils appartiennent à M. l'abbé Trublet.
38. — Deux autres tableaux de Fruits, de même grandeur que les précédents, du Cabinet de M. Silvestre, Maître à Dessiner du Roi.
39. — Deux petits tableaux d'un pied de haut sur sept pouces de large, l’un représente un jeune Dessinateur, l’autre une Fille qui travaille en tapisserie.
Ils appartiennent à M. Cars, Graveur du Roi.
Cette vérité qui fait le charme de la peinture se fait adorer dans les tableaux de M. Chardin. Il y en a deux de petites figures qui sont d’un effet, d’un moelleux, et d’un accord charmants. La couleur y est pleine de vigueur et dans des tons vrais; l'intelligence de la lumière très bien entendue. Les autres tableaux sont des animaux peints avec un art singulier et de la plus belle facilité, et des fruits qui font illusion.
Année littéraire, t. V, 1759, p. 217.
Il y a de Chardin : Un retour de chasse, des pièces de Gibier, un jeune élève qui dessine vu par le dos, une fille qui fait de la tapisserie, deux petits tableaux de fruits. C’est toujours la nature et la vérité. Vous prendriez les bouteilles par le goulot, si vous aviez soif. Les pêches et les raisins éveillent l'appétit et appellent la main. M. Chardin est homme d'esprit, il entend la théorie de son art, il peint d’une manière qui lui est propre, et ses tableaux seront un jour recherchés. Il a le faire aussi large dans ses petites figures que si elles avaient des coudées. La largeur du faire est indépendante de l'étendue
de la toile et de la grandeur des objets. Réduisez tant qu'il vous plaira une Sainte Famille de Raphaël et vous n’en détruirez point la largeur du faire.
Correspondance littéraire de Grimm et de Diderot, rer novembre 1759. Salon de 1750. Ed. Assézat, t. X, p. 07.
Nous avons de Chardin, dont le talent répond à la réputation qu'il s’est acquise, deux petits Tableaux, dont l’un représente un jeune homme qui dessine, et l’autre une fille qui travaille en tapisserie, ils ont autant d'effet que de vérité et sont d’une touche moelleuse. M. Flipart les a gravés avec tout le soin dont il est capable : le Public les auroit sans doute revus avec plaisir, pour admirer ensemble les copies et les originaux, nous avons encore de lui plusieurs autres tableaux qui ont la même vigueur et la même vérité.
Lettre critique à un ami sur les ouvrages de MM. de l'Academie, exposés au Salon du Louvre, 1759, p. 26 et 27.
42, —Le Bénédicité.
Répétition du tableau qui est au cabinet du Roi, mais avec des changements.
Il appartient à M. Fortier, notaire.