‹ J.-B. Siméon ChardinChapitre 41 sur 308 · Autres tableaux du même genre, sous le même numéro · texte numérisé non relu

Autres tableaux du même genre, sous le même numéro

Le Cabinet des Estampes possède un exemplaire du livret du Salon de 1761 (Yb. 121 a Res.) orné de dessins de Gabriel de Saint-Aubin qui permettent de reconnaître le Bénédicité de la Collection de Mme Jahan, un bouquet de fleurs, un tableau de nature morte, la corbeille de fraises de la collection de Mme Jahan, deux natures mortes ovales de.la collection de M. le baron Henri de Rothschild.

Les deux pages où sont mentionnés et dessinés les tableaux de Chardin ont été reproduites dans la Gazette des Beaux- Arts, 3e p., t. XXX, p. 65 et 67 (art. de M. Stryienski).

Le mérite de M. Chardin est universellement reconnu. Les tableaux que l’on voit de lui au Sallon sont dignes de la réputation qu'il s'est faite dans ce genre de vérité où il excelle depuis si longtemps. Il n’est point de cabinet en Europe où ses ouvrages ne soient admis au rang de ceux des meilleurs artistes. La patience des Hollandais n’a pas copié plus fidèlement la nature, et le génie des Italiens n'a pas employé un pinceau plus vigoureux pour la rendre. Quel sujet d’étonnement pour ceux qui aiment à réfléchir! Vingt peintres l’exprimeront tous avec la même fidélité et cependant chacun d’eux d’une manière qui ne ressemblera à aucun des autres.

Mercure de France, Salon de 1761. Octobre 1761.

Une répétition du Bénédicité de M. Chardin avec des changements (1), renouvelle les éloges du Public et l’empressement avec lequel on a toujours accueilli les productions de ce grand Artiste. On retrouve dans ce morceau le célèbre et rare imitateur de la nature, qui n’avoit point eu de guide à imiter et inimitable lui-même dans sa manière vraiment originale de rendre ces sortes d'objets qui doivent à l’industrie de son pinceau et à la vérité de son expression tout l'intérêt qu’elles inspirent. Ce même Peintre a exposé plusieurs Tableaux d'animaux auxquels on peut, dans leur genre, appliquer aussi ce que nous venons de dire.

(1) Le premier tableau du même sujet est dans le Cabinet du Roi.

Observations d'une société d'amateurs sur les tableaux exposés au Salon cette année 1761. Tirées de l'Observateur littéraire de M. l'abbé de La Porte. Paris, chez Duchesne, libraire, rue Saint-Jacques..., p. 36.

On a de Chardin un Bénédicité, des Animaux, des Vanneaux, quelques autres morceaux. C’est toujours une imitation très fidèle de la nature, avec le faire qui est propre à cet artiste; un faire rude et comme heurté; une nature basse, commune et domestique. Il y a longtemps que ce peintre ne finit plus rien; il ne se donne plus la peine de faire des pieds et des mains. I] travaille comme un homme du monde qui a du talent, de la facilité, et qui se contente d’esquisser sa pensée en quatre coups de pinceau. Il s’est mis à la tête des peintres négligés, après avoir fait un grand nombre de morceaux qui lui ont mérité une place distinguée parmi les artistes de la première classe. Chardin est homme d'esprit, et personne peut-être ne parle mieux que lui de la peinture. Son tableau de réception qui est à l’Académie prouve qu’il a entendu la magie des couleurs. 11 a répandu cette magie dans quelques autres compositions, où, se trouvant jointes au dessin, à l'invention, et à une extrême vérité, tant de qualités réunies, en font dès à présent des morceaux d’un grand prix. Chardin a de l’originalité dans son genre. Cette originalité passe de sa peinture dans la gravure. Quand on a vu un de ses tableaux on ne s’y trompe plus, on le reconnait partout. Voyez sa Gouvernante avec ses enfants et vous aurez vu son Bénédicité.

Diderot, Salon de 1761. Ed. Assézat, t. X, p. 129.

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