LOUVRE
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MUSEE
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{Photographie Braun? Clément
deux Bas-Reliefs sont admirables, et j'ai plus de foi à ces miracles qu’à celui des raisins de Zeuxis, n’en déplaise à l’antiquité.
Sentiments sur les tableaux exposés au Salon, 1769, p. 9 et 10.
Vous reconnoitrés, monsieur, la touche ferme et libre, la couleur vigoureuse, et la magie des effets dans les tableaux, dont M. Chardin a enrichi ce Sallon. Une belle pâte de couleur, un dessein précis, une grande vérité se caractérisent dans le Tableau des arts et des récompenses qui leur sont accordées. I1 semble que le cordon noir sorte de la toile. Vous serés surpris de la fabrique de la Hure de sanglier et des tableaux de Gibier, c'est toujours la même force dans ceux de Fruits et de Bas-Reliefs. Il y a un grand mérite de traiter ainsi le genre; et c’est avec bien de la raison qu'on a nommé M. Chardin, le Rembrandt de l'École Française.
Lettre sur l'Exposition des ouvrages de peinture et de sculpture au Sallon du Louvre, 1769. — A Rome et à Paris. M DCC LXIX, p. 21 et 22.
Je devais vous indiquer les morceaux de Chardin et vous renvoyer à ce que j'ai dit de cet artiste dans les Salons précédents; mais j'aime à me répéter quand je loue: je cède à ma pente naturelle. Le bien, en général, m'affecte beaucoup plus que le mal. Le mal, au premier moment, me fait sauter aux solives; mais c'est un transport qui passe, L'admiration du bien me dure. Chardin n’est pas un peintre d'histoire, mais c’est un grand homme. C'est le maître à tous pour l'harmonie, cette partie si rare dont tout le monde parle et que très peu connaissent. Arrêtez-vous longtemps devant un beau Téniers ou un beau Chardin; fixez en bien dans votre imagination l'effet, rapportez ensuite à ce modèle tout ce que vous verrez, et soyez sûr que vous aurez trouvé le secret d’être rarement satisfait,
31. — Les attributs des arts et les récompenses qui leur sont accordées.
Tous voient la nature; mais Chardin la voit bien et s'épuise à la rendre comme il la voit; son morceau des Attributs des arts en est une preuve. Comme la perspective y est observée! Comme les objets y reflètent les uns sur les autres! Comme les masses y sont décidées! On ne sait où est le prestige parce qu'il est partout. On cherche des obscurs et des clairs, et il faut bien qu'il y en ait, mais ils ne frappent dans aucun endroit; les objets se séparent sans apprêt.
Prenez le plus petit tableau de cet artiste, une pêche, un raisin, une poire, une noix, une tasse, une soucoupe, un lapin, une perdrix, et vous y trouverez le grand et profond coloriste. En regardant ses Attributs des arts, l'œil récréé reste satisfait et tranquille. Quand on a regardé longtemps ce morceau, les autres paraissent froids, découpés, plats, crus et désaccordés. Chardin est entre la nature et l'art; il relègue les autres imitateurs au troisième rang. Il n'y a rien en lui qui sente la palette. C'est une harmonie au-delà de laquelle on ne songe pas à désirer; elle serpente imperceptiblement dans sa composition, toute sous chaque partie de l’étendue de sa toile; c'est, comme les théologiens disent de l'esprit, sensible dans le tout et secret en chaque point. Mais comme il faut être juste, c’està-dire sincère avec soi-même, le Mercure, symbole de la sculpture, m'en a semblé d’un dessin un peu maigre, tant soit peu trop clair et trop dominant sur le reste; il ne fait pas toute l'illusion possible, C’est qu'il ne fallait pas prendre pour modèle un plâtre neuf, c'est qu’un plâtre plus poudreux aurait
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été d’une lumière plus sourde, et plus heureux par les accidents, c’est qu’il y a si longtemps que nous n'avons dessiné une Académie, que nous n’y sommes plus, et qu'en sus le dessin de cette figure n’est pas pur. Chardin est un vieux magicien à qui l’âge n'a pas encore ôté sa baguette. Ce tableau des Attributs des arts est la répétition de celui qu'il a exécuté pour l’impératrice de Russie et qui lui est préférable. Chardin se copie volontiers, ce qui me ferait penser que ses ouvrages lui coûtent beaucoup.