‹ J.-B. Siméon ChardinChapitre 2 sur 55 · École française, n" 89 (ancien · texte numérisé non relu

École française, n" 89 (ancien

Jacques du Mont dit le Romain, dont Cochin le (ils dessina le portrait que grava Augustin de Saint-Aubii fut reçu académicien dans la même séance que Chardin, le 23 septembre 172^.

tation à laquelle il a droit, s'y lient plus longtemps que les autres, les flaire, les déguste et arrive enchante dans la salle où se trouvait Chardin.

— Vous avez là, monsieur, lui dit-il, de très beaux tableaux; ils «ont assurément de quelque bon peintre flamand et c'est une excellente école pour la couleur que celle de la Flandre; à présent, voyons vos ouvrages.

— Monsieur, dit Chardin, vous venez de les voir.

— Quoi, ce sont ces tableaux que...

— Oui, monsieur.

— Oh alors, présentez-vous, mon ami, présentez-vous.

Cazes, l'ancien maître de Chardin, se trouvait là et avait partagé l'erreur de Largillière. Il trouva le procédé de son élève bizarre pour ne pas dire plus et on peut là-dessus être de son avis, mais il ne lui en garda pas rancune, puisqu'il lui offrit aussitôt de se charger de sa présentation. Ce qui fut dit fut fait et Chardin fut séance tenante reçu agréé. Mais il n'était pas au bout de ses bonheurs. Avant de partir, il pria poliment l'Académie de vouloir bien choisir parmi les tableaux ceux qui seraient à sa convenance :

— Ah ! ah ! dit Louis de Boullongne, qui était alors directeur, il n'est pas encore agréé et déjà il parle d'être reçu. Au reste, ajouta-t-il, tu as bien fait de m'en parler.

Il fit la proposition, elle fut adoptée, Chardin fut reçu et l'Académie eut pour sa part un tableau représentant des fruits sur une table de pierre et la fameuse Raie. En recevant Chardin ce jour-là et en choisissant pour eux ses deux plus belles toiles, les Académiciens prouvèrent qu'ils avaient autant d'esprit que de goût. Ce sont des qualités qui se rencontrent quelquefois dans une Académie ^

I . Réception de M. Chardin. Le même jour (samedi, 25 septembre 1728), le sieur Jean Siméon Chartiin, peintre dans le talent des animaux et des fruits, a présenté plusieurs tableaux dans ce genre desquels l'Académie a été si satisfaite qu'ayant pris .de même les voix par les fèves, elle a agréé sa présentation et l'a reçu en même temps en qualité d'académicien, retenant deux de ces tableaux auxquels il mettra des bordures, reprcseniant l'un un Buffet et l'autre une Cuisine pour son tableau de réception et a modéré son présent pécuniaire à cent livres et il a prêté le serment de même (Procès-verbaux de l'Académie royale de peinture et de sculpture i64S-/yg3. 8 vol. publiés par A. de Montaiglon, t. V, p. 47-48). Deux autres peintres furent reçus dans la même séance que Chardin : Dûment le Romain et Bonaventure de Bar.

Voir pour les détails contenus dans ce chapitre et les suivants les Mémoires sur la vie et les ouvrages des membres de l'Académie royale de peinture et de sculptur.e, t. Il, p. 4-28 et suiv. Jean Baptiste Siméon Chardin, par Haillet de Couronne. C'est le graveur Cochin fils, grand ami de Chardin, qui a fourni à H. de Couronne tous les éléments nécessaires à cette biographie.

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