‹ J.-F. MilletChapitre 7 sur 8 · HOMME, FEMME ET ENFANT · texte numérisé non relu

HOMME, FEMME ET ENFANT

JRAN-FliANÇOIS MILLKT. iH

« Monsieur le rédacteur, le numéro du journal la France du dimanche 23 de ce mois me tombant sous les yeux, je m'y trouve nommé membre d'une commission d'artistes dite: Fédération des artistes de Paris. Je refuse Thonneur qu'on m'a voulu faire... »

Le seul artisto, parmi ses contemporains, dont l'œuvre, dans son ensemble, présente quelques rapports avec la sienne, est Jules Breton, peintre attitré des paysans de l'Artois, et, çà et là, de la Bretagne. Il existait également certaines analogies entre les hommes, l'un et l'autre cultivés, sincères, et sympathisant de toute leur âme avec leurs agrestes modèles. Mais là s'arrêtent les ressemblances. Jules Breton a étudié les paysans sous l'empire d'une idée préconçue : retrouver chez eux un type originel de la beauté, dans leurs travaux el dans leurs fêtes le rythme sacré des thesmophories

Qu'importe après cela qu'il soit autorisé à revendiquer, dans Tordre chronologique, la priorité sur son confrère, et qu'il établisse que, dès 1847, il se passionnait • pour le mouvement naissant qui entraînait une partie de la jeune école vers les scènes populaires », tandis qu'en 1848, celui-ci « en était encore à ses premières recherches dans un caractère bâtard : un compromis entre l'afféterie du style Louis XV et une enflure maçonnée et molle à la fois qui cherchait Michel-Ange »? Millet avait d'avance répondu d'un mot : « M. Breton "peint des hlles qui sont trop jolies pour rester au village », oii s'exprime toute la différence de vision et d'idéal des deux artisles.

Le peintre des chairs de Init et de roses, Chaplin, eût été plus Fondé à revendiquer tout au moins le bénéfice d'un quasi-synchronisme dans leurs tentatives, car Tannée qui suivit le Vanneur (1849), il exposait un Pâtre des Cévennes, et, en 18S1, un Muletier de la Lozère, un Troupeau de cochons et une Fileuse du Cantal, traités dans un sentiment d'implacable réalisme, qu'il devait au surplus abandonner définitivement, à quelque temps de là, pour la pure convention décorative.

Quant à Charles Jacque, il subit, à n'en pas douter, l'influence de Millet, avec lequel il entretint, durant de longues années, des rapports assez accidentés. Ses dessins surtout en témoignent avec évidence. Mais l'animalier, chez lui, prime de très loin le hguriste, ce qui limita d'autant l'action exercée sur lui par son ami.

Ceci dit, la liste des imitations et des affinités est close, pour les œuvres produites de son vivant. Mais, trois ans nprès sa mort, au Salon de 1878, un débutant, connu par quelques portraits d'un sentiment naïf et d'une exécution serrée, exposait sous le titre les Foms, un tableau qui promettait un nouveau peintre de la vie rustique. On n*a pas oublié les ouvrages qui suivirent : la liécoUe des /jo?nmes de te?Te^ le Mendiant, le Père Jacques, f Amour au village, ni la douloureuse surprise de cette carrière tranchée par un mal inexorable.

Dans quelle mesure Bastien Lepage s'est-il pénétré des enseignements de Millet? qu'est-ce qui en est passé dans ses toiles? L'esprit, et l'esprit seulement. Môme obser-

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