‹ J. Guadet et les aveugles: sa vie, ses doctrines, ses écritsChapitre 10 sur 27 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Première éducation des enflants aveugles.

Les idées personnelles de Guadet sur ce point sont peu nombreuses, il a traduit ou fait traduire les ouvrages de Georgi et de Kine, dont en général il approuve les doctrines et auxquelles il s'est borné à ajouter quelques réflexions personnelles. Pour Guadet, l'éducation est souveraine ; il croit sincèrement à sa toute puissance pourvu qu'elle soit commencée dès le berceau (1) ; à son avis, la première éducation de l'aveugle ne doit pas différer beaucoup de celle qu'il convient de donner aux enfants clairvoyants du même âge ; seulement, il faut y apporter encore plus de soin, plus d'attention (2). On doit pousser l'aveugle au mouvement sans lui imposer telle ou telle manière de se mouvoir ; car il faut que l'aveugle marche et coure d'après ses instincts d'aveugle. « Pour bien marcher, pour bien courir, l'aveugle doit marcher et courir autrement que nous. » La gymnastique ne semble pas du tout nécessaire à Guadet, et il pré-

{i) De la première éducation, p. 94.

(2) Idem. p. 96.

fèrede beaucoup, à cet exercice artificiel, rexercice naturel que les enfants prennent en jouant en toute liberté (1).

Guadet ne croit pas non plus qu'en France on puisse, par les mêmes moyens qu'en Allemagne, obtenir de bons résultats pour la première éducation des enfants aveugles; il ne pense pas que simplement, à l'aide d'un manuel, les familles arrivent à donner une éducation soignée aux enfants aveugles du premier âge; il doute également que de bons résultats puissent être obtenus en plaçant les aveugles dans des écoles primaires de clairvoyants, cela à cause de la turbulence des enfants de notre pays et du peu de soin que l'instituteur primaire pourra donner au petit aveugle perdu au milieu d'une classe nombreuse de clairvoyants. En résumé, l'opinion de Guadet est que les familles doivent faire le plus possible pour l'enfant aveugle dont elles ont la charge, que l'école primaire ordinaire peut être utilisée faute de mieux, mais que, dès que la chose est possible, il faut faire entrer l'enfant aveugle dans une école primaire spéciale (2).

(1) Mémoire , 1853, p. 7. — De la condition des aveugles

en France, p, 8. — Ou instituteur t. II. p. 55. — De la première éducation, p. 96. — Instituteur, t. V. p. 24.

(2) De la première éducation, p. 108.

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