‹ J. Guadet et les aveugles: sa vie, ses doctrines, ses écritsChapitre 20 sur 27 · H8 J. GUADET · texte numérisé non relu

H8 J. GUADET

mémoire sur l'état de l'éducation, et de renseignement dans l'Institution des jeunes aveugles de Paris, écrit en 1853, non imprimé, mais seulement autographié et très peu répandu ; il est possible que j'aie envie de le publier quelque jour, ou d'en publier des fragments et, si je ne prenais date, je semblerais copier ce que vous avez écrit. Je suis très aise que vous ayez reproduit ce travail, mais je désire aussi conserver le droit de le publier comme travail original, et non comme copie. Je mets à la disposition de tout le monde, et surtout des étrangers, tout ce que je puis avoir fait, mais il est bien juste que je constate que c'est moi qui l'ai fait. »

A cette revendication si légitime, et faite, on le voit, en termes très convenables, voici la flatteuse réponse qu'il reçut.

(Je francise certaines tournures de phrases par trop étrangères).

« Monsieur Guadet, mon si apprécié et très aimé collègue. »

« Toutes vos lettres me sont très agréables, celle du 22 octobre me le fut également, bien qu'elle m'aitlaissé un sentiment dont je ne pourrai jamais me tranquilliser, parce que je vois qu'elle me condamne avec raison pour avoir manqué à la confiance que vous m'avez témoignée, confiance que je n'oublierai jamais et que, constamment, je consigne par écrit et de vive-voix toutes les fois que j'en trouve l'occasion ; cependant, tout cela ne m'excuse pas d'avoir mis comme original un

travail de vous, en raccommodant à l'état de notre collège. Toutefois, je dois vous donner quelques explications relativement à cetle affaire. Au retour de ma commission, le ministre me manda de rédiger le mémoire de ce que j'avais vu et observé comme le meilleur, pour l'appliquer à nos établissements. Alors, il ne me dit pas que ce mémoire serait imprimé. Pensant que le dit travail, comme tant d'autres, serait enseveli dans les archives du dit ministère, je m'enhardis à profiter de celui que vous me donnâtes, comme étant le plus parfait; car, après avoir fait l'énumération de toutes les institutions d'aveugles, et avoir parlé de la supériorité que je donnais à la vôtre, à son caractère et à votre talent, je ne trouvais rien de plus intéressant à mettre dans mon mémoire, dans la partie qui touchait à ce qui pouvait et devait se faire pour l'instruction et l'éducation des aveugles, que le rapport que vous fîtes au directeur d'alors. On le trouva bon et on donna l'ordre de l'imprimer.

Malheureusement, il est possible qu'on le lise très peu à l'étranger, parce que dans mon long voyage à peine rencontrai-je trois personnes qui lisaient facilement notre langue; Plut à Dieu qu'il n'en fût pas ainsi I Plut à Dieu que notre idiome fût aussi connu que le français I Alors, se mettrait en circulation un si excellent travail, et les instituteurs et les directeurs pourraient en tirer parti ; mais, dans la langue où il est écrit, soyez sûr que peu, très peu de gens le verront et lui

rendront la justice que lui rend son passionné et constant admirateur. »

On voit, par tout ce qui précède, que Guadet , dans ses rapports administratifs, ne s'enfermait pas dans une sèche nomenclature de ce qui avait été fait, et dont il devait rendre compte. II jetait, ça et là, un aperçu nouveau, des idées générales, ne plaisant peut-être que médiocrement à l'Administration, mais qui faisaient le succès de ses écrits auprès des hommes spéciaux et vraiment compétents. Ce sont ces hardiesses de pensées qui font, qu'aujourdhui, à plus de 30 ans de distance, nous relisons ces travaux avec intérêt et profit.

BT LES AVEUGLES iSl

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