L’ÉTUDE
i Musée du Louvre I
LA FAMILLE
Frago avait besoin de lire, alors que ses yeux ne pouvaient contempler celle qu’il aimait :
« Mon bon ami veut savoir si j’ai du plaisir quand je lui dis quelque chose d’agréable. Eh bien! je l’avoue, c’est ma seule jouissance; mon cœur reconnaissant et sensible n’est heureux que quand il s’occupe de son ami et lui dit tout ce qu’il lui inspire d’agréable. Mais quand la manière de s’exprimer a pu plaire à mon ami, je suis plus heureuse, je crois que je l’aime mieux, croyant que je lui plais davantage. » Et c’étaient encore les puérilités qui enchantent les amants : « Mon bon ami, l’on pourrait comparer l’amitié et l’amour à deux femmes, l’une jolie, l’autre figure agréable et ordinaire. La jolie plaît, enchante par sa fraîcheur printanière, passe comme une lleur, ne dure qu’un instant ; l’autre reste toujours la même; quelquefois elle s’embellit en vieillissant. Je crois que c’est l’image de la nôtre. N’es-tu pas de mon avis, mon bon ami ? »
L’ami, sans doute, était d’avis que cette amitié -là était de l’amour, qui faisait écrire à cette enfant, pour quelques heures de séparation, ces phrases d’abandon charmant. Et le soir, au dîner à la même table, il l’écoutait, alors qu’elle parlait encore pour lui tout seul. L’enchantement était assurément sans remords, rien qu’avec des craintes qui affinaient sa joie. Il se remplissait les yeux et l’âme de cette jeune fdle, pour le jour prévu où elle le quitterait. Celle-ci , savante à donner le change au cœur aimé et peut-être à son propre cœur, écrivait, un autre jour d’absence : « Quand mon bon ami me dit qu’il ne saurait trouver du plaisir dans aucun lieu que quand il s’y trouve avec moi, mon cœur enchanté voudrait ne le quitter qu’un instant et devenir son ombre pour le rendre heureux. Si je disais à mon ami que le désir de lui plaire et celui du travail me livrent tour à tour des combats pénibles ; qu’il m’en coûte de résister à ses désirs, d’opposer mes goûts à ses plaisirs? revenant à la comparaison de l’amour et de l’amitié, que ton fds n’a pas trouvée juste, en voici une autre. Je compare l’amour à une rose printanière dont la couleur éblouissante séduit; son parfum pénètre tous les sens. On la cueille non sans blessure, elle se fane, elle n’est plus; — l’amitié à la
modeste violette dont le maintien tranquille n’attire point les regards ; on ne la découvre que par son parfum, on la cueille sans crainte, elle est sans épine, et par conséquent sans danger. »
L’éloquence épistolaire de Mademoiselle Gérard ne valait guère mieux que sa peinture ; mais Frago trouvait beau tout ce qui émanait d’elle ; et d’ailleurs, ces lignes maladroites trahissent le secret qu’elle veut cacher. Si tous les yeux peuvent lire ses lettres, celle-ci pourtant n’est-elle pas pour Frago tout seul, cette lettre demandée, pleine d’aveux, de tendresse, d’amour : « Quand mon ami me demande que je lui écrive quelque chose d’agréable, je ne connais qu’un sujet, c’est de lui que je parle. De lui, parce qu’il me paraît le plus aimable des sujets. Si je voulais peindre d’un enfant la joie, la gaieté et le caprice, les caresses, le bonheur, je le prendrais pour modèle. Si je voulais peindre de l’amitié les caractères, la douceur, la complaisance, les soins, la tendresse, je le prendrais encore pour modèle... » Et, sans doute, pour l’amour, est- il encore plus que son modèle. Voici, du reste, le portrait charmant qu’elle fait de lui :
« Mon bon petit papa, tu veux que je te parle de tes défauts et tu fais cette demande à ton amie. Tu sais que l’amitié, sœur aînée de l’amour, a la vue basse, cela tient de famille. Ce n’est donc pas à moi qu’il faut t’adresser, car je ne vois rien que ton esprit aimable, qu’un enfant qu’un rien chagrine, qu’un rien apaise ; un vrai nourrisson du caprice. Le caprice nourrit la coquetterie ; la coquetterie séduit, quand elle est conduite par l’esprit. Chez toi, elles sont toujours ensemble. »
Quel ami difficile devait être Frago, quel amant exclusif! Avec quelle jalousie souffrante ses cinquante ans devaient garder la toute jeune femme dont il n’aurait pu se passer! Son âme fébrile d’artiste était toujours aux aguets, et l’enfant, de sa voix fraîche et gaie, rassurait vite l’ami inquiet. Il ne lui en coûtait guère, d’ailleurs ; il était, comme elle le lui disait simplement, sa pensée constante : « Mon bon ami, tu ne saurais croire combien je suis malheureuse quand je te vois indisposé. Figure-toi une colombe à qui l’on a ravi son tourtereau. Quand elle le voit en gêne, combien elle est inquiétée ! Elle ne peut quitter l’endroit où son ami se trouve détenu,
LA FAMILLE
croyant, par sa présence, soulager ses ennuis, et par ses soins lui rendre sa liberté plus vite... Son ami souffre, ne peut partager ses plaisirs : il n’y en a plus pour elle. Mais quand son ami lui sera rendu, plus aimable que jamais, son bonheur, sa joie, son délire même la paieront des ennuis qu’elle aura éprouvés. Ah! mon ami, que nous ne sentons notre bonheur vivement que quand nous avons eu peur de le perdre ! » C’étaient, après ces jours de courte maladie, des promenades à la campagne, à travers champs, et Marguerite racontait le lendemain, par lettre, à son ami, la joie d’avoir été ensemble la veille.
Ainsi Frago , dans cette chaude atmosphère de tendresse, ne quittait point le logis, et ce fut le temps le plus fécond de son existence d’artiste. Au début de son mariage, il s’était plu à orner, pour sa jeune femme et sa petite belle-sœur, un intérieur charmant de luxe et de commodité. Il avait dépensé, pour qu’elles puissent s’y plaire, toute la fantaisie de son art et toutes les ressources de son goût. C’était son grand atelier surtout qu’il avait décoré comme un salon splendide ; là se passait leur journée entière, les deux femmes dessinant et peignant sous sa direction. Ce furent de bonnes années, et combien productives ! Frago gagnait bien une quarantaine de mille livres , et chaque jour sa demeure s’embellissait de meubles précieux, de tapis superbes, de fines statuettes ; il eut même l’objet rare dont parlent les collectionneurs, un vase « ciselé par Cellini ». Le soir, sous la lampe, après le gai repas de famille, il travaillait encore, donnant ces dessins expressifs, ces ébauches délicieuses que s’arrachaient ses visiteurs, préparant l’illustration d’un livre ou groupant , pour son plaisir , une scène de famille faite de visages aimés. Il n’avait pas besoin d’aller chercher au dehors ses modèles : il avait sous la main, enfants jolis, jeune fille tendre, femme heureuse, et il peignait avec son cœur. Des amis venaient dîner volontiers, M. de Saint-Non, par exemple, et tous ceux qu’il avait connus à Rome, et les artistes français et étrangers, qui l’adoraient pour sa gaieté, son entrain, sa bonne grâce. A sa table, toujours délicatement servie, s’asseyaient les voisins des galeries du Louvre et les confrères préférés : Hubert Robert , Carie Vernet,
J. -II. FRAGONARD
Dumont, Hall, Berthelemy, Brenet, le dessinateur Moreau, et aussi de jeunes débutants, comme Taunay et Lantara.
Dans ce monde paisible et fraternel , dont le goût des belles choses fait à la fois le charme et le lien, la Révolution va jeter le trouble, la ruine, le désastre. Cette douce vie des Français d’avant 1789, que les peintres nous font si bien connaître, ils l’ont savourée eux-mêmes si profondément, qu’ils vont souffrir plus que tous les autres de la voir disparaître. Qui' se douterait cependant, dans l’enthousiasme universel des premiers temps , de la douloureuse période qui se prépare ? On ne peut demander aux artistes que de participer à cet éveil joyeux de la liberté, qui réjouit toutes les classes de la nation ; et, en effet, les habitants des Galeries du Louvre sont unanimes à adopter les idées nouvelles et à glorifier, par le dessin et le pinceau , le bon Roi qui accueille le vœu de son peuple. Ils en donnent un éloquent témoignage ce matin de ^septembre, où les femmes et filles des artistes partent pour Versailles, afin de faire à la Nation l’offrande de leurs bijoux : c’est un grand émoi, quai Saint-Nicolas, à voir monter dans les turgotines, en leurs robes blanches, sans parure, « ornées de cette belle simplicité qui caractérise la vertu », ces vingt-deux aimables patriotes, qui vont donner ce grand exemple au nom des arts. L’Assemblée nationale les reçoit au milieu des applaudissements, les loue par la voix de son président, l’évêque de Langres, et les admet aux honneurs de la séance. Une motion demande « que les traits adorables de ces citoyennes soient transmis à la postérité au moyen du physionolrace ». Le dessin de Prieur, celui de Borel, reproduisent cette scène enthousiaste, qui prêta un instant à nos Parisiennes l’âme héroïque des Romaines. Mesdames Moitte, Vien, Lagrenée, Suvée, Berruer, Duvivier, David, Vernet, Vestier, et parmi elles, au premier rang de celles qui unissent « aux agréments de leur sexe la gloire des arts et des talents », Madame Fragonard et Mademoiselle Gérard. On devine le bon Frago, fier de ses deux femmes, allant, la nuit venue, attendre le retour aux Champs-Elysées, avec les élèves de l’Académie, les musiques et les flambeaux, et
LA LECTURE Dessin
/ Musée du Louvre)
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assistant au triomphe des citoyennes ramenées au Louvre, avec des chansons autour des voitures, par le peuple cordial et amusé.
Dès l’année suivante, on pâtit assez durement de la réduction des rentes et de la gêne qu’amenèrent très vite pour les artistes l’émigration des bons clients, menacés de la lanterne. Les âmes douces comme Frago ne souffrirent pas moins des dissentiments qui éclatèrent cruellement dans le monde des artistes, à la suite de l’attitude franchement révolutionnaire de David et de ses amis. Paris n’était plus ni agréable, ni lucratif pour un peintre comme le nôtre, que délaissait le goût nouveau, tourné aux inspirations graves. Il se sentait étranger dans ce milieu si différent de celui où il avait vécu. Cependant, Alexandre-Evariste, qui travaillait chez David, s’écartait, dès ses premiers pas, du genre démodé de son père, et Marguerite Gérard montrait ses œuvres toujours applaudies à la première exposition de la Société des Amis des Arts, que De Wailly venait de fonder. Frago songea alors à réaliser un ancien désir, et crut le moment favorable pour aller revoir sa Provence. Il voulut fuir aussi peut-être le tumulte de Paris, les haines déchaînées et l’obligation de prendre parti. Il fut passer l’hiver de 1790-91 dans la paix de sa ville natale et reçut l’hospitalité chez son cousin Maubert, en cette maison à la porte de Grasse que son séjour devait rendre fameuse.
On a toujours cru que Frago avait quitté Paris au moment de la Terreur et qu’il s’était retiré, prudemment, pendant la plus grande partie de la tourmente. Ce séjour n’a pas été sans fournir d’antithèses et de déductions les pages brillantes de nos littérateurs. 11 faut renoncer sur ce point, comme sur d’autres, à suivre la tradition des biographes de Fragonard. Celui-ci était rentré à Paris pour les plus mauvais jours, car son séjour en Provence ne se place pas, comme on l’a supposé, en 1793 ou 1791, mais à la date relativement pacifique que nous indiquons. Les pièces de l’époque, nomination à la Commission des Arts, certificats de civisme, suffiraient à l’établir; il est plus simple de citer un reçu, conservé parmi les papiers de M. de Blic, dans la maison Maubert, et qui montre à quel moment Fragonard s’est trouvé â Grasse et y a décoré la maison :
« J’ay reçu de mon cher cousin Maubert, pour ouvrages de peinture, la somme de trois mille six cent livres, dont quittance jusqu’à ce jour, pour solde de tout compte, à Grasse, ce dix mars 1791. Fragonard, peintre du Roy. » (1)
Parmi les peintures que Fragonard exécutait chez son cousin et qui comprennent des vases de fleurs en dessus de porte, faut-il compter aussi celles qui décorent l’escalier d’attributs révolutionnaires, faisceaux, haches, bonnets phrygiens? Elles peuvent s’expliquer, même à cette date, par l’état d’esprit qui régnait à Grasse, patrie du fougueux Maximin Isnard, l’agitateur de la Provence, dont la famille était précisément alliée à celle de Fragonard. Cette parenté des Isnard, qui n’a point été relevée, rend compte de certaines choses dans la vie de notre peintre à cette époque, et notamment de la sécurité dont il va jouir, à son retour à Paris, alors que tant de ses amis seront inquiétés. On peut croire, du moins, pour ce qui regarde les emblèmes peints par Frago, qu’ils n’ont été nullement placés comme une précaution contre les dénonciations terroristes; ce symbolisme assez simple, que les larges touches du pinceau ont multiplié sans effort, répondait aux idées du cousin Maubert et sans doute à celles de Frago lui-même, qui a penché assurément du même côté, malgré son titre privilégié de « peintre du Roy », fièrement arboré devant ses compatriotes.
Une installation décorative infiniment plus intéressante eut lieu alors dans la maison Maubert, et l’on peut se demander si le reçu de 3.600 livres ne se rapporte point, tout simplement, aux fameux panneaux du salon que M. Pierpont Morgan possède aujourd’hui. Fragonard avait, en effet, apporté avec lui de précieux rouleaux qui contenaient les toiles de Louveciennes abandonnées à l’artiste par Madame du Barry et dont il n’avait pas voulu jusqu’alors se défaire. Sans doute, avait-il compris qu’il n’en trouverait
(1) Je dois ce document et quelques autres à l’obligeance amicale de M. Georges Digard. Plusieurs renseignements généalogiques inédits m’ont été fournis par M. Marcel Fragonard. Il m’est agréable de dire aussi combien s’est trouvée utile la correspondance de Marigny réunie par M. Furcy-Raynaud, pour préciser certains détails de la biographie du peintre. Cette biographie méritait sans doute d’être tentée à nouveau, les intéressantes études d’art de V. Josz et de M. Camille Mauclair n’ayant ajouté que peu de chose aux recherches, déjà anciennes, de M. le baron Roger Portalis ; on peut croire d’ailleurs que le beau livre de celui-ci, apprécié à si juste titre par les admirateurs de Fragonard, a beaucoup facilité mes propres études.
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plus désormais le placement et, le besoin d'argent étant survenu, les cédait-il, à vil prix, à son cousin. La supposition est tellement naturelle qu’elle suffit à motiver le voyage de Provence, l’artiste ayant tenu à mettre lui-même en place ces œuvres chères. Les dimensions du salon s’accordaient parfaitement aux mesures des toiles; quatre étaient achevées; la cinquième, V Abandon, lavée à la sépia vingt ans plus tôt, s’harmonisait délicatement avec l'ensemble ; Frago renonça à y mettre les couleurs, ne voulant pas risquer de gâter son chef-d’œuvre, se sentant incapable de retrouver son pinceau d’autrefois. Il faut, en tout cas, écarter la tradition qu’il ait traité, à Grasse même, ce cinquième sujet; la facture admirable de ce morceau témoigne, sans doute possible, qu'il est contemporain des quatre autres, et l’histoire de la commande de Louveciennes explique l’état dans lequel il fut laissé.
Ce que Frago exécuta sur place pour compléter le salon du cousin, ce sont des Amours à travers les nuées, ce sont les dessus de porte où il a repris des sujets familiers à son pinceau, le panneau où dégringolent l’Amour vainqueur, l’Amour-folie, l’Amour poursuivant une colombe, l’Amour embrasant l’Univers. A ces redites éternelles, sa verve n'est pas trop fatiguée, sa main reste ferme, sa touche amuse encore. C’est la dernière fois qu’il se permet ces jeux capricieux et charmants, que son temps a si vivement aimés. C’est dans cette maison paisible, parmi les boiseries blanches de ce salon de province, que viennent se réfugier, à l’heure du grand changement des mœurs françaises, les grâces exquises de l’ancien régime, les plus délicats témoignages de la société qui disparaît.
Frago s’est attardé au pays natal; la famille, le cordial accueil de tous l’y ont retenu; il y a brossé quelques toiles, accordé à l’amitié quelques portraits ; il y a rempli consciencieusement les paresseuses occupations que la douce Grasse enseigne si bien. Il faut pourtant rentrer à Paris, et il y revient, pour n’en plus sortir, au lendemain des massacres de septembre. C’est une ville bien changée qu’il retrouve, où les passions violentes sont maîtresses désormais, où le sang d’hier appelle le sang de
demain. Les arts ont conquis, eux aussi, la liberté; les académies sont détruites, les privilèges abolis; les artistes se précipitent, sans barrière, au Salon de 1793, ouvert au nom de la Commune générale des Arts; et le pauvre Frago reste dépaysé devant ces nouveautés. Sa peinture, au reste, ne plaît plus à personne : tout ce qu’il a traité est démodé ; il n’est pas jusqu’à son Corésus, qui ne soit tombé dans le mépris : pendant son absence, le jury de classement des modèles des Gobelins a rejeté définitivement ce tableau, dont le « sujet ne rappelait que des idées superstitieuses». Son fils lui-même, son fils surtout, lui rappelle que son temps est fini ; il le surprend, un beau matin, à brûler la belle collection d’estampes qu’il a réunie, et le jeune homme répond tranquillement à la colère paternelle : « Je fais un holocauste au bon goût! » Frago n’est pas, cependant, au nombre des artistes les plus malheureux : alors que tant de confrères ont dû s’expatrier, alors que d’autres, comme l’ami Robert, vont être menacés et emprisonnés, «le petit papa Fragonard » ne court nul danger. On sait qu’il n’est point un séide des tyrans; Alexandre-Évariste a donné des gages de civisme; la belle-sœur est un peintre patriote; le cousin Isnard a voté la mort du Roi sans sursis et présidé la Convention; pardessus tout, veille sur lui une amitié devenue aussi puissante pour le bien que pour le mal, celle de Louis David.
David règne en maître sur les arts; installé à son tour dans les galeries du Louvre, où le ministre Roland l’a logé, il a fait décréter la création immédiate du grand Muséum, que la monarchie avait décidé et préparé. Il a besoin d’hommes à lui pour l’organiser, et aussi de collaborateurs compétents; les groupes jacobins, la Société populaire et républicaine des Arts abondent en médiocrités bruyantes, avides, prêtes à imposer à la nation un dévouement encombrant et rémunéré. L’autorité de David les élimine; il désigne des hommes modestes, mais qui savent quelque chose, métier de praticien ou de restaurateur, honnêtes gens qui ne reculent pas devant l’énorme besogne qui va leur incomber. Il faut un nom d’artiste célèbre, à côté de ceux de Bonvoisin, Lesueur et Picault; et voici comment, à la séance de la Convention de nivôse an II, où son grand projet