VISITE DE MADAME DE VERDELIK
sont lus devant rassemblée de justice, à la communauté de Motiers et à celles des autres villages du Val de Travers. On sentait venir une catastrophe ; le ton des Lettres de Goa fait assez voir à quel point les esprits étaient montés dans les deux camps, et Ton comprend que ces publications, au lieu d'apaiser la querelle, durent l'envenimer. M"* de.Verdelin, qui visita Rousseau au mois d'avril, fut témoin des insultes que la populace adressait à son ami, c< quoique sa présence contint un peu les insolents dans leurs
promenades. »
« Ce fut même pendant son séjour chez moi, dit Rousseau dans les Confessions, que je commençai d'être attaqué de nuit dans ma propre habitation. Sa femme de chambre trouva ma fenêtre couverte un matin des pierres qu'on y avait jetées pendant la nuit. Un banc très massif, qui était dans la rue à côté de ma porte, et fortement attaché, fut détaché, enlevé et posé debout contre la porte, de sorte que, si Ton ne s'en fût aperçu, le premier qui, pour sortir, aurait ouvert la porte d'entrée, devait naturellement être assommé. »
Je suis heureux de rencontrer encore une fois cette aimable femme. Sa visite fut douce à Rousseau en de telles circonstances, et vaincu enfin, il lui rendit toute l'amitié qu'elle lui avait si long-