RÉPONSE DE M. DE MOKTMOLLIK
l'évangile et d'édifier mon troupeau par mon état, par mon devoir et par mon serment, et si chacun de mes sermons doit passer par la censure autant vaut-il que ^e me taise désormais, et je fie pense pas qu'un homme d'honneur et qu'un ministre de la religion veuille et puisse s'astreindre à une pareille gêne, puisqu'un véritable pasteur ne doit prêcher que la Parole de Dieu et ne doit avoir d'autre but que l'instruction et l'édification de son troupeau, et sr malheureusement l'on intei^ète mal ce qu'il dit, c'est un scandale pris et non donné.
» Quand monsieur le châtelsûn du Landeron, mon bon parent et mon bon ami, me parla en mai dernier de quelques sermons que l'on avait rapporté au Conseil que j'avais faits, à l'occasion desquels l'on m'attribuait bien des choses que je n'avais point dites ou des vues que je n'avais point, il prit de là occasion d'ajouter que l'on s'attendait que je ne personnaliserais point : «Pen suis incapable, lui dis-je, » et vous pouvez le déclarer de ma part, cependant, l'on » ne m'empêchera pas, je pense, de prêcher l'Évangile. »
» Qiie si l'on trouve dans mes sermons ce que .je ne veux point dire, il faut avouer que je suis bien à plaindre et je vous proteste en toute vérité et en rondeur de conscience que je n'ai aucun dessein particulier. Je traite mes matières comme elles se présentent. Il y a longtemps que vous êtes à Motiers, vous savez ma façon de prêcher.
» Je m'occupe si peu de M. Rousseau que je désirerais voir de toute mon âme que tout le monde le laissât aus^ tranquille que moi ; je suis si charmé que son affaire soit finie qu'il me semble que je suis déchargé d'un pesant fardeau. Je ne communique et sors si peu que je ne me mets absolument point en peine de tout ce. qui passe dans le public et mon plus grand désir sera toujours que Ton ne me parle jamais ni de M. Rousseau ni de ce qui le con»