‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 12 sur 135 · LAMOIGNON DE MALESHERBES · texte numérisé non relu

LAMOIGNON DE MALESHERBES

récrions et les remaniements Êiits sur les épreuves sont la cause naturelle des retards de la publication ; et, pour les abréger, il conseille à Rousseau d'aller s'établir à Paris jusqu'à la fin de l'édition. Un passage de cette lettre importante mérite d'être rapporté :

« Pefmettei-moi de vous dire que je crois avoir vu Votre âme tout entière dans les différentes lettres que vous m'avez écrites à ce sujet. J'y ai vti cette succession d'inquiétudes, de soupçons et ensuite de remords d'avoir été soupçonné injustement. J'ai cru voir ces sentiments peints avec une vérité que l'art ne pouvait pas atteindre, et j'ai conclu de la moitié de vos lettres que vous étiez le plus honnête de tous les hommes, et de l'autre moitié, que vous en étiez le plus malheureux. »

Quoi qu'il en soit, on voit que Rousseau avait toutes les raisons du monde de ne rien craindre de la part de l'autorité au sujet de VÉmile. Comme il comptait sur de grands éloges, les compliments équivoques qu'il reçut l'étonnèrent; mais il ne se laissa point effrayer des rumeurs menaçantes qui lui parvenaient de différents côtés; et en tous cas, le danger, àsuppo-

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