‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 133 sur 135 · LETTRES DE NATURALITÉ · texte numérisé non relu

LETTRES DE NATURALITÉ

règlement fait pour cela, en Conseil d'État, le 28 décembre 1707, sans que ledit sieur Jean-Jacques Rousseau ni les siens puissent prétendre jouir des bénéfices portés dans les concessions des abris et de la dîme à la pose, accordés par feu Son Altesse Madame la duchesse de Nemours, ni que lorsqu'ils seront habitués hors de cet état, ils puissent se prévaloir, par rapport au Souverain, des droits utiles et bénéfices dont jouissent et sont accoutumés de jouir les sujets de TÉtat, résidens et habitués dans icelui. Et nous lui avons accordé la présente permission et naturalisation gratis et sans finance pour le roi. Si donnons en mandement à tous châtelains, maires, justiciers et autres officiers en cette Souveraineté, que du contenu ci-dessus, ils fassent, souffrent et laissent jouir et user pleinement et perpétuellement le dit sieur Jean- Jacques Rousseau, ses hoirs et successeurs, sans permettre qu'il lui soit donné 'aucun trouble ni empêchement, car telle est notre intention au nom du roi. En témoin de quoi nous avons ordonné au soussigné secrétaire du Conseil d'État de signer les présentes de son seing ordinaire, pour ^'indisposition de monsieur le chancelier, et à icelle fait apposer le grand sceau de Sa Majesté usité dans cet État. Donné au château de Neuchâtel le seizième jour du mois d'avril mil sept cent soixante trois.

(Signé) A. Perrot.

Le lendemain milord Maréchal écrivait à Rousseau ce court billet :

Outre que je suis bien aise de trouver occasion à faire voir l'estime et amitié que j'ai pour vous, vous devinerez aussi une autre raison (d'amitié toujours) de vous avoir fait naturaliser. Bonjour.

Colombier, 17 avril (1763).

Lettres i» Coiuioïiier de Couvet '.

Nous, Jonas-Henri Guyenet et Jean-Frédéric Petitinerre, agissant au nom et en la qualité de modernes gouverneurs ' de Thonorable communauté et paroisse de Couvet au Val de Travers, assistés de noble et prudent François de Roy, ancien major au service de France, et chevalier de Tordre de la Générosité, et de messieurs Jean-Henri Bord, notaire, Abraham-Henri Borel et Pierre- Abraham Borel, tous deux receveurs, et des sieurs Jean-Henri Borel, notaire et jus* ^cier, Jean-Henri Petitpierre, juré, Ferdinand Guyenet, greffier, Henri Roy, Pierre Berthoud, du conseil de commune, Pierre-David Borel et Abraham Berthoud, anciens, savoir fais(Mis à tous ceux à qui il appartiendra que le conseil et générale communauté du dit Heu, assemblés solennellement aujourd'hui sous date, aurait pris en sérieuse attention Thonneur que reçoit le Val de Travers par le séjour qu'y a établi depuis quelque temps l'illustre et célèbre monsieur Jean-Jacques Rousseau, et mis en délibération s'il ne convient point à cette communauté de le recevoir

s Original sur parchemin à la bibliothèque de Neuchltel. Cette lettre expédiée avec un soin particulier est entourée d'un cadre orné de dessins, portant dans le haut un soleil radieux supporté par deux branches de fiturier sous lesquelles on lit la devise de Rousseau : Viiam impendere vero, La commune de Couvet a accordé & son secrétaire Jean-Henri Berthoud, notaire et ancien justicier, pour Texpédition, et il son frère le dessinateur pour les ornements de la lettre, L. 21 (environ 52 francs). Règlement de commune du 15 juin 176$. (Note de M. Matile qui a reproduit cette pièce et la précédente.)

' La charge de gouverneur était annuelle, et chacun des principaux membres de la communauté l'occupait à son tour bien que pajr élection libre de l'ensemble des communiers.

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