LETTRES DE COMMUNIER
et agréger au nombre de ses communlers, dans Tunique vue de lui témoigner les sentiments de distinction toute ]Mrtîculiàre qu'elle a pour lui, en conséquence de quoi les sieurs gouverneurs susnommés, après avoir pris les suffirages de tûuska communiers assistant en générale communauté ont rappQité que par les motîâ ci-devant déduits, et considéré que M, Rousseau a été naturalisé par Sa Majesté notre auguste souverain, qu'il est par là sujet de cet État et peut recevoir i|iialité de communier, il serait reçu et incorporé libéralement et gratuitement membre de la dite communauté pour lui et ses hoirs légitimes à perpétuité, afin de participer e$ de fouk de tous les droits sans exception découlant de cette quaUté et aussi aux charges dont en jouissent les autres communiers. En exécution duquel arrêt, nous dits, gouverneurs de l'assistance prédite, ayons reçu et incorporé, recevons et incorporons mon dit sieur Jean-Jacques Rousseau et ses descendais à perpétuité dans le corps de cette communauté, afin de participer et jouir de tous les biens, profits, revenus, privilèges, immunités, fi'anchises, libertés, droits et charges quelconques appartenant à icelle, et dont jouissent, peuvent et pourront jouir les autres membres de la dite communauté, laquelle réception et admission, nous avons ainsi faite libéralement, gratuitement et par les motifs ci-devant énoncés, promets tant nous les dits gouverneurs au nom que devam, et de l'asâstance prédite, par notre bonne foi et serment» et sous l'expresse obligation des biens de la dite communauté^ de n'y jamais contrevenir, de maintenir et garantir monsieur Jean-Jacques Rousseau, et les siens auprès des présentes et cela envers et contre tous, en jugement et dehors, et de les avo^ pour agréables, fermes et stables à toujours. Renonçant nous les dits gouverqeurs au nom de qui nous agissons aux choses contraires au présent acte, et
surtout à la maxime qui réprouve la générale renonciation lorsque la spéciale' ne précède, et requérant au surplus que le scel usité dans la baronie du Val de Travers soit mis et appendu aux présentes en réservant en tout les droits seigneuriaux et ceux d'autrui. Ce qui fut fait et passé au dit Couvet le premier janvier mil sept cent soixante-cinq : présents le sieur Frédéric Jeanrenaud et Jean-Henri Lardy demeurant au dit G^uvet, témoins à ce requis et signés en là présente avec les sieurs gouverneurs et assistans qui ont déclaré que la dite réception à communier avait été donnée par le suf&age unanime de cent vingt-cinq conmiuniers composant la dite générale assemblée, ayant été ordonné au notaire soussigné, secrétaire de la dite conmiunauté, d'expédier ces présentes en cette forme, le dit an et jour i«' janvier 1765.
Ita est.
(Signé avec paraphe) J-H. Berthoud.
Extraits d'un livre relié, en grande partie blanc, déposé à la bibliothèque de Neuchâtel. Tout est de la main de Rousseau. On y trouve des copies de lettres reçues, des projets de lettres, des notes très chargées de ratures et *ans suite; une liste de livres prêtés; des notes de blanchisseuse, dont une de Thérèse, avec une orthographe dont voici un échantillon : tr(»s pères de milene.