MANDEMENT DE M^' DE BEAUMONT
avaient frappé, coup sur coup, YÉtnile et son auteur, M^"* de Beaumont, archevêque de Paris, voulut joindre la sienne, par un mandement du 29 août 1762. Dans cette pièce, le pieux et parfois^ trop zélé, trop ardent adversaire des jansénistes et des philosophes, ne se contente pas de combattre les doctrines du vicaire savoyard, ou pour mieux dire, de les écraser avec la»hauteur dédaigneuse que donne le sentiment de l'infaillibilité. Il s'en prend directement à Rousseau, à son caractère, à ses intentions, et n'hésite pas, suivant une méthode déjà suivie, nous l'avons vu, dans le réquisitoire de la Sorbonne, à lui appHquer les prédictions qui concernent l'Ante-Christ. Lorsque saint Paul annonçait la venue des jours périlleux, où il y aurait des gens amateurs d'eux-mêmes, fiers, superbes, blasphémateurs, impies, calomniateurs, enflés d'orgueil, amateurs des voluptés plutôt que de Dieu, il pensait à Jean- Jacques, M^" de Beaumont n'en doute pas, et, pour le prouver, il fait du philosophe un portrait fort noir, chargé d'antithèses solennelles, mais perfides, et qui fut trèsadmiré des charitables amis du prélat. Ce succès lui coûta cher. Blessé, Je lion bondit, se rc*-