LETTRE A M^' DE BEAUMONT
mot ^ Je suis de son avis pourtant. Sa réplique n'est pas irréfutable, elle prête le flanc à bien des objections. On y sent la hâte et la passion, mais ces défauts en font aussi le mérite. L'amertume déborde et s'épanche à grands flots. D ne se possédait plus; toutes les colères, toutes les indignations amassées dans son âme depuis six mois éclatent à la fois, et trouvent pour s'exhaler des accents d'une incomparable éloquence. On peut discuter telle ou telle proposition; il faut courber la tête sous la révolte del'honnête homme outragé.
C'est ce que fit M^"" de Beaumont ; il fut atterré et se tut. Homme sincère, bon, généreux, et, malgré ses violences, estimé de ses ennemis, il rendait lui-même justice aux siens. Un contemporain 2 raconte qu'il parlait souvent de Vpltaire, très-peu de Rousseau, et seulement pour faire l'éloge de son caractère, de ses vertus, et avec un respect marqué pour sa pauvreté volontaire, son génie et sa bonne foi.
» Témoin sa lettre du 28 mars à M. de MontmoUîn : «c Voici, monsieur, un écrit devenu nécessaire. Quoique mes agresseurs y soient un peu malmenés, ils le seraient davantage si je ne vous trouvais en quelque sorte entre eux et moi, etc. » ' Note de M. Brizard. Edit. Poinçot,