‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 4 sur 135 · LES MONTAGNES DE NEUCHATEL · texte numérisé non relu

LES MONTAGNES DE NEUCHATEL

dément, avec sa nombreuse faAiîlle dans sa jolie et propre maison de bois qu'il a bâtie lui-même, s'occupe de mille travaux amusants, qui chassent l'ennui de son asile et ajoutent à son bien-être

» Il leur reste encore du loisir pour inventer et faire mille instruments divers, d'acier, de bois, de carton, qu'ils vendent aux étrangers, dont plusieurs même vont jusqu'à Paris, entr*autres ces petites horloges de bois qu'on y voit depuis quelques années. Ils en font aussi de fer, ils font même des montres; et, ce qui paraît incroyable, chacun réunit à lui seul toutes les professions diverses dans lesquelles se subdivise l'horlogerie, et fait tous ses outils lui-même. Ce n'est pas tout : ils ont des livres utiles et sont passablement instruits; ils raisonnent sensément de toutes choses et de plusieurs avec esprit. Us font des aimans, des syphons, des lunettes, des pompes, des baromètres, des chambres noires; leurs tapisseries sont de^ multitudes d'instruments de toute espèce; vous prendriez le poêle d'un paysan pour un atelier de mécanique et pour un cabinet de physique expérimentale.

» .... Je ne pQuvais non plus me lasser de parcourir ces charmantes demeures que les habitants de m'y témoigner la plus franche hospitalité. Malheureusement j'étais jeune.... Je liie souviens seulement que j'admirais sans cesse en ces hommes singuliers un mélange étonnant de finesse et de simplicité qu'on croirait presque incompatibles et que je n'ai plus observé nulle part. »

Rousseau ajoute, ce qui étonne après tous ces détails :

« Du reste je n'ai rien retenu de leurs mœurs, de leur société, de leur caractère. Aujourd'hui que j'y porterais

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