‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 94 sur 135 · LE CHRISTIANISME DE ROUSSEAU · texte numérisé non relu

LE CHRISTIANISME DE ROUSSEAU

explication adoucie et justificative de la Profession de foi, » Rousseau allait plus loin; il croyait avoir mérité un titre de plus au nom glorieux de défenseur du christianisme.

« Il peut errer sans doute puisqu'il est homme, mais dans ce dernier livre au moins, il erre en chrétien, puisqu'il ne cesse de s'appuyer pas â pas sur rajitorité de rÉvangile. »

On lit cette déclaration dans sa lettre au consistoire, et elle se termine par ces mots :

« C'était alors (après VÉmile) qu'on pouvait m'ôter la communion, mais c'est à présent qu'on devrait me la rendre. Si vous faites le contraire, messieurs, pensez à vos consciences ; pour moi, quoi qu'il arrive, la mienne est en paix. »

On a accusé Rousseau de contradiction et d'hypocrisie. Je crois qu'on a eu tort. Les objections que son esprit rigoureux lui suggérait sur les mystères inexplicables de la révélation ne diminuaient pas, elles augmentaient plutôt la force du sentiment religieux dont il était pénétré. Se réunir à ses semblables pour adorer et prier le Maître souverain de la terre et des cieux, faire acte de fraternité humaine par la communion, et d'humble soumission aux dogmes qu'il ne parvenait pas à expliquer, furent bien cçrtai-

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