LES LETTRES DE GOA
compose d'une lettre de Dupeyrou, de la réponse de M. de Montmollin, d'une réplique appuyée d'une lettre de Jean-Jacques, de Remarques non signées, et de pièces justificatives, rescripts du roi, arrêts du gouvernement, etc.
Le premier morceau, anonyme d'abord, plus tard avoué par Dupeyrou, s'appelle la Lettre de Goa à cause de la mention qu'elle porte : « Imprimée à Goa aux dépens du Saint-Ofiîce. » L'auteur n'y ménage pas la Classe et moins encore M. le professeur et pasteur de Montmollin, Celui-ci, indigné, s'empressa de rédiger une Réfutation du Ubelhy en dix petites lettres adressées à un personnage, peut-être imaginaire, peut-être un collègue, un ami de Neuchâtel ou de Genève, peut-être seulement le public dont il réclamait hautement l'approbation. Par malheur pour M. le ministre, il n'est pas maître de lui, il s'emporte. S'il est vrai de dire : Tu te fâches, donc tu as tort, sa réponse le condanme. La Classe refusa d'en prendre la responsaljilité et de paraître dans sa publication. En somme, M. de Montmollin plaide, ou plutôt proclame sa charité, sa modération, sa justice, ses vertus; il présente les faits à ce point de vue d'apo-
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théose, mais les faits et les documents sont contre lui; ils ne permettent pas cette interprétation, et Dupeyrou n*a pas de peine à l'établir. Sa réplique, adressée à mylord, comte de Wemyss, baron d'EIcho, pair d'Ecosse ', etc., etc., etc., reprend tous les incidents, met les points sur les i et ne réserve pas même dans ses attaques impitoyables les intentions pastorales et le caractère apostolique de son adversaire. L'auteur des Rcmarqties, probablement le colonel de Pury, vient à la rescousse et coupe la retraite de tous les côtés ; il sait tout, il a tout vu, tout entendu; il dit l'heure, le temps, les circonstances, les témoins; il raille, il se moque, il blesse, il frappe. Et ce n'est pas tout. Hercule entre en lice à son tour j Jean-Jacques prend la plume et arrange à sa façon le malheureux M. de Montmollin. Sa lettre du 8 avril à Dupeyrou fait le pendant de celle à l'archevêque de Paris; c'est un coup de massue.
« Non, monsieur, jamais quoi que Ton dise, je ne me repentirai d'avoir loué M. de Monmiollin. J*ai loué de lui ce que j'en connaissais, sa conduite vraiment pastorale envers moi; je n'ai point loué sa véracité, sa droiture.
< Ce comte de Wemyss habitait alors le canton de NeuchAtel.