‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 98 sur 135 · LES LETTRES DE GO A · texte numérisé non relu

LES LETTRES DE GO A

Pavouerai même que son extérieur, qui ne lui est pas favorable, son ton, son air, son regard sinistre me repoussaient malgré moi. J'étais étonné de voir tant de douceur, d'humanité, de vertus se cacher sous une aussi sombre physionomie. Mais j'étouffais ce penchant injuste.... Aujourd'hui, M. de MontmoUin lève le masque, et se montre vraiment tel qu'il est.... Il est clair que la prétendue tolérance qui le quitte au moment qu'elle eût été le plus juste, vient de la même source que ce cruel zèle qui l'a pris subitement.... Vous voulez savoir au vrai ce qui $'est passé entre nous dans cette affaire. M. de Montmollin a fait au public sa relation en homme d'église, et trempant sa plume dans ce miel empoisonné qui tue, il s'est ménagé tous les avantages de son état. Pour moi, monsieur, je vous ferai la mienne du ton ample dont les gens d'honneur se parlent entr'eux, etc. »

Dans cette guerre sans merci, Dupeyrou représentait Tavant-garde, Rousseau le corps d'armée, et le colonel de Pury la cavalerie légère. Pauvre ministre!

Que vouliez-vous qu'il fït contre trois?

Ce n'était pas un Horace; il ne pouvait tenir tête à si forte partie, n'ayant d'ailleurs pour lui pas plus la loi civile que les juges, pas plus la lettre que l'esprit de l'Évangile. Soyons justes toutefois. La modération ne manque pas seulement à M. de Montmollin: ses contradicteurs Timitent; ils ne se privent d'aucun argument et

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