‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 117 sur 132 · L ILE DE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

L ILE DE SAINT-PIERRE

core au plus riche hôpital de Berne, qui en a pris le nom d'hôpital de l'île. Or, Rousseau ne savait que trop quelles étaient à son égard les dispositions de ce Sénat qui l'avait chassé d'Yverdon, et qui défendait la vente des Lettres de la montagne dans tous les pays soumis à son autorité.

Cependant cette fois il ne prit pas ce hasardeux parti tout à fait à l'aventure. Dès que l'idée de se retirer un jour dans cette oasis perdue au sein des flots bleus se fut emparée de lui, il s'en ouvrit à milord Maréchal et au colonel Chaillet, tous deux liés avec plusieurs membres influents de l'aristocratie bernoise. Ceux-ci, informations prises, promesses reçues, crurent pouvoir l'assurer que le Sénat fermerait les yeux sur sa présence à l'île de Saint-Pierre, pourvu qu'il y fût bien sage et -qu'il ne fît plus parler de lui.

Rousseau ne demandait pas autre chose.

Toute son ambition consistait alors cà vivre solitaire, oublié, sans écrire et sans penser, s'il le pouvait. Loin de l' effrayer la condition que « Messieurs de Berne » mettaient à leur tolérance augmenta son impatience de toucher enfin cette

terre du sommeil et de l'oisiveté, cette bien-

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