BONHEUR PARFAIT
heureuse Papimanie, où il se promettait bien « de ne faire nulle chose » .
Il s'y installa avec une confiance absolue et la certitude qu'il avait enfin trouvé un abri sûr qu'il ne quitterait plus. Cette pensée fut pour beaucoup dans l'enchantement qu'il éprouva dès son arrivée et qui se prolongea sans autre nuage que sa plénitude même. Ce ciel constamment pur lui faisait peur; il sentait bien qu'un bonheur si complet n'est pas dans l'ordre naturel des destinées humaines, de la sienne surtout, si agitée, si troublée, si remplie de vicissitudes de toutes sortes.
Mais de quel côté se lèverait le vent, et d'où viendrait l'orage qui le rejetterait à la merci des flots? N'avait-il pas la parole des autorités du pays ? Ne se cachait-il pas avec un soin scrupuleux , ne disant mot, ne recevant personne ^, et répondant à peine aux lettres de ses amis ? Malgré tout cependant une inquiétude vague le tourmentait et pour s'y soustraire il en vint à souhaiter ardemment que son île enchantée fût
ï Le plancher ae la chambre qu'il occupait dans l'unique maison de l'île avait une trappe par laquelle il s'échappait pour fuir les visiteurs. Elle existe encore.