‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 27 sur 132 · DESCRIPTION DU VAL DE TRAVERS · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU VAL DE TRAVERS

trois ans, découragé de ne pouvoir, malgré ses efforts et la volonté du roi, ni trouver la paix pour lui-même, ni assurer celle de son ami Jean- Jacques.

Sans prétendre contester absolument — à quoi bon? — la ressemblance des portraits que Rousseau a faits de nous, qu'il me soit permis de remarquer l'heureux parti que ce défenseur de la vérité a su tirer de nos défauts pour rehausser le mérite d'autrui, des grands de la terre principalement. Quel éclat le paragraphe des Confessions que j'ai cité plus haut ne donne-t-il pas à la figure du maréchal Keith ! Elle ressort sur ce fond chargé de noir, comme une tête de Rembrandt que frappe un rayon de soleil. La même préoccupation d'effet, — et de flatterie, — se révèle dans les deux fameuses lettres où notre hôte décrit le Val de Travers et peint ses habitants. A chaque ligne on devine qu'il s'adresse à un prince français ; il caresse M. de Luxembourg à nos dépens, témoin ce trait :

« La politesse française est de mettre les gens à leur aise et même de s'y mettre aussi; la politesse neuchâteloise est de gêner soi-même et les autres. »

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